‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècle (volume 4)Chapitre 37 sur 161 · LA SAMARITAINE · texte numérisé non relu

LA SAMARITAINE

Donnons à la Samaritaine

Le bon jour, en chemin faisant ;

Son phantôme est assez plaisant,

Accoudé sur cette fontaine;

Que cette eau sous ce pavillon,

Qui danse au son du carillon 2 ,

Fait un agréable spectacle !

Mais Dieu qui luy tend son vaisseau 3 ,

Ferait Lien un plus beau miracle,

S'il changeoit en bon vin son eau *.

1 La Samaritaine, qui a subsisté jusqu'en 1816, était une machine hydraulique construite sous le règne de Henri III et attachée à la seconde arche du pont Neuf, du côté du Louvre ; la façade de ce petit édifice, surmonté d'un carillon, avait pour décoration un groupe de deux figures représentant Jésus-Christ et la Samaritaine auprès du puits de Jacob, d'où jaillissait une fontaine. Les Parisiens du dix-septième siècle avaient donné une telle importance à leur Samaritaine, qu'on la fait sans cesse intervenir dans les écrits satiriques et burlesques de l'époque de la Fronde.

2 Dans la réimpression de -1713, il y a : violon.

3 Variantes de la réimpression de 1713 :

Mais celle qui tend son vaisseau Devroit demander pour miracle, Que Dieu changeât en vin son eau.

4 La Seine fait tourner des roues, qui par le moyon d'une pompe font monter l'eau de la rivière dans le bassin. (Db Bl.)

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