DE L EDITEUR XIII
Saint-Mare, que ce fut un poëme contre la sainte Vierge, qui fit condamner le malheureux poète, coupable d'ailleurs d'un assassinat commis dans le couvent des Augustins. Cet assassinat était peut-être la principale cause des poursuites et de la sentence, qui s'exécuta en 1665. Peu de temps après cette catastrophe, plus tragique encore que celle de Théophile, un ami de Claude Le Petit, un poëte comme lui. eut pourtant le courage de prendre ouvertement la défense du défunt, et de réhabiliter sa mémoire.
Ce fut en publiant un ouvrage posthume de l'auteur de Paris ridicule, ouvrage bien différent de ce dernier poëme, que Du Pelletier osa soutenir que son ami, en dépit des productions déshonnêtes de sa jeunesse, avait été un assez bon chrétien ou plutôt un philosophe déiste. Oii ne s'attendait guère à voir Claude Le Petit traduire en vers les plus belles pensées de saint Augustin Paris. J. B. Loyson, 1666, in-12). Dans la Lettre en forme de préface, qui ligure en tête de ce volume, on a de la peine, en effet, à reconnaître l'élève de Théophile et lémule de Des Barreaux. Cette préface, le croirait-on, est adressée à l'abbé de moine de Saint- Victor.
« Monsieur, lui dit Du Pelletier, la foiblesse humaine ne juge des choses que selon les apparences, parce qu'elle n'a des yeux que pour en voir les dehors, et tout ce qu'il y a de secret se dérobe à la vue. Si l'on considère le genre de mort du traducteur de cet ouvrage, on aura peine à le défendre, et ceux qui ont eu part à quelques-uns de ses secrets passeront pour coupables ; mais je connois la solidité de vostre jugement, et je sçay que la fumée de son bûcher ne vous a point offusqué les yeux... Si je ne sçavois fort bien que vous ne jugerez point à la façon du vulgaire, je n'aurois garde de vous assurer que ce coupable m'a quelquefois permis de lire au fond de son cœur. Les belles allées du jardin de Saint-Victor, où l'on peut