LE CADRE
clans Pintérôt de la justice commune, qui est la m.eilleure base de toute fraternité, je me serais certainement abstenu de m'y soumettre, si, de prime-abord, je n'avais senti en moi l'impartialité nécessaire pour attaquer ou défendre, selon l'occurrence, amis et cn- •nemis ; si je n'avais pas entrevu une sorte de poésie, en même temps qu'une grande utilité, à remettre en présence les vainqueurs et les vaincus en matière de religion, ceux qui se donnaient avec exclusion pour les illuminés, pour les forts, et ceux cfu'on était convenu de rejeter sans réserve dans les rangs des aveugles et des faibles.
Dans cette deuxième partie, Rome, j'aurai donc à vous montrer les causes sensibles qui ont présidé au dégagement successif et à la séparation de toutes les branches actuelles de la religion des Écritures, judaïque, chrétienne, mahométane et leurs grands rameaux. J'aurai à vous dire comment, dans des proportions \ différentes, toutes ces branches actuelles doivent également à leurs origines un côté faible et un côté fort ; comment et pourquoi elles se trouvent toutes aujourd'hui dans une situation morale qui est factice, qui est fausse sous un triple aspect : par rapport à leur principe ou à leur tronc commun , les unes à l'égard des autres, et par rapport au nouvel état, à la nouvelle ère du monde.
Enfin, ma dernière partie, Jérusalem et l'Europe en Orient, ou l'esprit de réédification universelle, est toute destinée à conclure. En effet, si les infiuencesreligieus.es, si les formes établies et reconnues de la religion concourent toutes h entretenir une situation morale fausse,
si elles déterminent pour une grande part la confusion générale des esprits, il est impossible de ne pas céder à un sentiment de conviction, à un sentiment de foi. La Providence aura tenu en réserve, aura couvé, pour ainsi dire, quelque moyen de surmonter la difficulté. Or, la Jérusalem d'ère nouvelle doit précisément chercher et manifester ce moyen puissant, pratique, légitime.