‹ Paris, Rome, Jérusalem; ou, La question religieuse au 19e siècleChapitre 19 sur 80 · LIBERTÉ DE L'ESPRIT · texte numérisé non relu

LIBERTÉ DE L'ESPRIT

Enfin, sans parler encore des libertés pratiques de r Église 'gallicane, la réformation religieuse de Luther excite et consacre la réaction politique des nationalités. Elle est en même temps toute une révolution dans la propriété territoriale.

LETTRE IV

Premiers noms assignés à la religion des Écritures, et quelle est pour l'esprit la première liberté de droit divin.

Les raisons que je viens de vous soumettre et qui concernent la perpétuité des rapports entre la question religieuse et la question politique , auront eu déjà pour effet d'imprimer, à vos yeux, une certaine autorité à la première des deux règles que je m'attache à établir et dont T application aux événements contemporains est prochaine. Ces raisons ont servi d'explication et d'appui à la nécessité impérieuse d'un ordre et d'une suite parallèles dans les grands développements réservés tantôt à l'une, tantôt à l'autre de ces questions ou de ces deux points : religion et politique.

La seconde règle, qui est soljdaire de la précédente, va recevoir à son tour ses raisons explicatives :

ies noms primitifs de la religion des Écritm-es, la liberté native de conscience et d'esprit qu'elle a accordée à l'homme, au peuple, et par l'homme et le peuple à toute l'humanité, ses conditions fondamentales, ses différences d'avec la philosophie, et ses rapports avec l'art, éclaireront assez la portée de cette seconde règle. Ils vous diront pourquoi nulle transformation religieuse ne peut acquérir désormais un caractère sérieux, si elle n'apparaît avec vérité comme le produit légitime et prévu d'une sève religieuse, originelle et créatrice.

Jusqu'ici j'ai employé le nom de religion, mais en . me réservant de vous rappeler que ce nom /\ n'appartient, en propre, ni aux anciennes Écritures, ni même au code évangélique. 11 a été emprunté à la langue des Romains, qui, d'après l'opinion la plus accréditée, en faisait -un dérivé du verbe religare, relier, et qui en favorisait l'usage dans des acceptions très-ditïérentes. On l'appliquait, en particulier, à un genre de lien auquel nos générations modernes ne se sont guère prescrit de rester fidèles, je veux dire à la religion du serment; on l'appliquait surtout, et en bonne part, au respect et à la crainte des dieux immortels, en mauvaise part aux superstitions réelles ou supposées des autres peuples.

Dans ses origines, la religion des Écritures s'appelait simplement la science, la sagesse des nations, l'intelligence de l'Éternel, la justice, la connais- I sance universelle; elle s'appelait un enseignement, I une doctrine, une théorie. Le mot de philosophie, • qui signifie amour de la sagesse, et qui est si ca-

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