CONDITIONS FONDAMENTALES
deuxième personnage, Rome, ce sera dilïérent. Rome est intéressée à connaître, à combattre ou à éteindre tout ce que l'esprit émet d'ancien et de nouveau sur la racine, le tronc commun et les branches de l'arbre sacré, sur les différentes manières d'accomplir la pensée biblique, fondamentale.
Dans tous les cas, la solidarité de mes deux règles, la portée de mes deux instruments ne cesse de se fortifier. Sans imposer aucune croyance absolue, relativement aux affaires de l'autre monde, la sagesse originelle n'était pas moins la religion. Elle renfermait une pensée religieuse, un intérêt moral et un intérêt politique.
En conséquence, quand la Providence a suscité ou a permis une révolution politique, générale, c'est évidemment par la raison qu'elle n'était pas satisfaite de ce qui avait été accompli jusqu'alors, par la raison qu'on s'était détourné en tout ou en partie de son plan politique et social primitif. Or, comme tout se lie dans les desseins de la Providence, si l'on a fini par trop s'éloigner de la vérité sans iniquité, du juste et du vrai, en matière de politique ou de temporel, il y a lieu de soupçonner véhémentement qu'en religion, ou en matière de spirituel, on a cédé à quelque déviation de même nature.
61 PARIS lîT LA REVOLUTION,
LETTRE VI
Principales différences entre la sagesse religieuse ou la religion et la sagesse philosophique.
Quoique les noms primitifs qui appartiennent à la religion des Écritures et le nom de philosophie soient à peu près synonymes, quoique celle-ci et cellelà, philosophie et religion, aient à leur source plus d'un rapport de parenté, leurs différences ne restent pas moins tranchées ; et ces différences concourent toutes à mon objet. Elles attestent pour leur part que nulle nouveauté en matière religieuse n'a chance d'avenir, si l'on s'en réfère à la pure philosophie, si l'on n'y découvre pas avant tout une idée de suite, si un cachet officiel d'antiquité et de prévision sacrée n'y est pas empreint le plus fortement.
Dans leur parenté, la philosophie comparée à la religion offre le même intérêt que la religion comparée à la politique. En deçà de certaines limites, elles sont susceptibles d'échanger leurs titres et leurs qualités. 11 n'est pas de doctrine religieuse, pas de culte propagé en quelque lieu que ce soit, qui n'emprunte sa force relative et ne doive sa durée à quelque progrès éniincjnment philosophique. Tl n'est pas non plus de