LE JJIX-NEUVIÈME SIÈCLE
rapidité vers sa ruine. Enfin, après avoir aloandonné successivement la plupart des églises où elle s'était installée et dans la quatrième année de son existence, la théophilanthropie reçut l'avis officiel de sa mort. Sous la date du 29 vendémiaire an X, ou 21 octobre J801, un arrêté des consuls lui signifia que tous les édifices religieux et nationaux étaient désormais fermés à ses prédications et à ses cérémonies.
LETTKE XXI
Le dix-neuvième siècle et son principal inauguraleur ; leur influence sur les rapports de la question religieuse avec !a question politique.
Le xW siècle s'ouvre : nous y soiTimes arrivés par ordre chronologique. A l'appui des rapports perpétuels de la question politique avec la question religieuse, cette première partie de mon exposé ne doit embrasser ([ue les (|uinze premières années du siècle nouveau, jusqu'ù la chute de l'Empire. Après les nombreux développements qui lui sont réservés et qui porteront sur les origines et le dégagement successif de toutes les branches actuelles du même tronc sacré, ma
1(38 PARIS ET L\ RKVOLUTIOxN.
seconde partie, Rome, ne finira pas moins par nous ramener au sein de Paris; "elle suivra nos afîcdres contemporaines, de l'an 1815 à l'an 18/iO.
Il en est des événements d'un siècle comme de la renommée des individus : quelc|uefois ceux qui ont le plus retenti sont loin de conserver, auprès de la postérité leur première importance. Par suite, le contraire arrive à d'autres événements, d'autres circonstances, auxquels on n'avait attaché qu'une faible signification. Il leur appartient d'acquérir beaucoup de relief alors que les intérêts nouveaux, que les idées nouvelles, dont ils étaient les avant-coureurs, prennent de la consistance ; alors que les cris les plus familiers à leur époque commencent à s'affaiblir et à se perdre dans le bruissement lointain de l'histoire.
A la naissance de notre siècle, aux jours de son inauguration, il y a donc pour nous autre chose à considérer que les grands actes de guerre dont l'effet moral a été de répandre des germes féconds sur toute l'Europe; il y a autre chose que les grandes œuvres d'organisation et d'administration intérieure, que les efforts de -la politique des princes, que les essais de l'industrie, les- revirements dans les opinions,' les usages, les mœurs. Le xix* siècle s'est ouvert dans d'autres conditions aussi mémorables et sous des auspices plus significatifs peut-être pour l'avenir. Jamais la question religieuse et la question politique n'ont agi plus directement l'une sur l'autre ; jamais aussi il ne s'est produit des actes qui, à ce point de vue, fussent plus empreints d'un caractère symbolique et dont la coïncidence ait mieux dévoilé une