‹ Paris, Rome, Jérusalem; ou, La question religieuse au 19e siècleChapitre 34 sur 80 · LE DIX-NEUVIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

LE DIX-NEUVIÈME SIÈCLE

volonté suprême, un progrès mystérieux ; jamais, enfin, il n'y avait eu des raisons plus légitimes pour justifier l'attente de l'imprévu qu'on exprime de toutes parts.

Et d'abord, au sein de Paris, l'homme qui, sous le titre de premier consul, présidera à l'inauguration de ce siècle, se présente comme marqué d'un cachet spécial. L'auréole qui brille autour de sa tête n'est pas due exclusivement à l'éclat de ses victoires, à l'intérêt de sa jeunesse comparée avec l'énergie extraordinaire de son intelligence, avec l'étendue et la rapidité de son coup d'œil : cette auréole provient aussi de circonstances plus exceptionnelles.

Tandis que le génie de la révolution d'Angleterre, lancé dans l'Orient indien, y promène les anciennes Écritures des Juifs, le livre sacré, le Sépher, la Bible, rinaugurateur assigné au \ix^ siècle cède à la même impulsion, mais dans un autre sens. 11 guide le génie politique de la révolution française, il promène le flambeau de la science moderne dans l'Orient biblique, dans les vieilles régions de la prescience, sur la propre terre des Juifs; ii y prépare, de loin, la grande question qui s'est manifestée en l'an 18/iO, et que j'ai donnée pour point de départ h. la dernière partie de mes lettres, Jérusalem.

Dans cet Orient biblique ou méditerranéen, sur ces rives toutes pleines des noms de Moïse, Jésus, Mahomet, l'homme paissant auquel je fais allusion reçoit en quelque sorte un nouveau baptême ; il fait trembler l'Egypte sous ses pas, et rend une nouvelle voix aux pyramides restées muettes pendant des milliers d'an-

nées. De i)lus, ce même homme a failli être submergé par le reflux des eaux, dans la petite pointe de la mer Rouge, à travers laquelle Moïse avait entraîné si glorieusement toute une population, afin de la faire passer, par droit divin, de l'état d'esclavage à la condition libre. • '

Enfin l'inaugurateur du xix' siècle déploie les insignes adoptés 'par la liberté des nouveaux jours sur les plus antiques roches du sol sacré ; il fait vaincre l'étendard proposé comme rédempteur du droit des nations, et fait entonner l'hymne brûlant et terrible contre les tyrans, au pied du mont Thabor, c'est-àdire dans les mêmes lieux où une des figures représentatives de la justice et de l'indépendance des nations, où la femme forte, Déborah, fit retentir également contre les oppresseurs un cantique brûlant de chaleur guerrière et libératrice.

Dans la sphère de mon sujet, les trois principaux événements de nature politico-religieuse qui concourent à l'inauguration du xix* siècle, se ressentent au plus haut point du caractère imprimé par l'Orient à son inaugurateur.

En 1801, c'est le concordat consulaire, qu'il n'est pas permis de séparer par la pensée du concordat impérial de 1813; c'est le nouvel acte d'union, le nouveau mariage officiellement exprimé entre le temporel de nouveau régime et le spirituel du régime ancien. De même qu'à l'époque de l'Assemblée constituante, ce nouvel acte a un contre-coup trèsfort, très-étendu, mais heureusement retenu dans les pures limites de l'esprit : le système, et je pourrais

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