‹ Paris, Rome, Jérusalem; ou, La question religieuse au 19e siècleChapitre 36 sur 80 · SECOND CONCORDAT · texte numérisé non relu

SECOND CONCORDAT

SOUS Teinpire d'une irritation momentanéeo Tout au contraire, c'est un enfantement lent, suite des résolutions les plus sérieuses. D'ailleurs, des déclarations nouvelles, ou le conam-ntaire précis de son œuvre, qui a été tracé ultérieurement par l'empereur dans le calme de la solitude, mettent le sceau à ce fait de préméditation. De 1801 à 1813, pourtant, c{uelle dilTérence et quel sujet d'enseignement !

Dans telle sphère qu'un homme soit placé, il y a des obligations de l'esprit qui sont pour tous les mêmes. x\ussi bien sur le trône qu'au milieu de la foule, soit ([u'on s'occupe à faire concorder les opinions, les principes, soit qu'on s'occupe à faire concorder les intérêts, les nations, un jour vient où l'on ne peut plus éviter de conformer le langage à la pensée. Nous devons tous un tribut à cette exactitude, à cette nécessité d'une bonne classification dont une des lettres de mon préambule vous a entretenu. Personne n'est autorisé à conserver ou à affecter, sciemment , les mêmes noms à des choses qui ont été changées ou qu'on bouleverse de fond en comble. Méconnaître ce drbit de bonne classification ou y renoncer, ce serait tout confondre, comme il est arrivé au concordat de 1813; ce serait, ou s'abuser soi-même ou apprendre aux autres à manquer d'un courage qui est siipériein' à celui des champs de bataille, et dès lors plus rare, le courage intelligent et réfléchi du sentiment qui nous domine, de notre propre opinion.

Il est indubitable que le deuxième concordat n'a pas obtenu le même retentissement que son aîné. La raison en est simple : en 1801, Napoléon

comptait ses jours par des victoires; en 1813, il était entré dans la période des revers. Son commentaire ultérieur nous le dira : si la chance des armes se fût tournée en sa faveur, le nouvel acte, le nouveau contrat d'abord convenu , ensuite repoussé par le pape, n'aurait pas manqué d'obtenir les applaudissements du grand nombre. Il aurait accru les sujets d'admiration pour le nouveau Charlemagne et pour ses fortes résolutions.

Mais dans la question que je traite, les vicissitudes de la guerre n'altèrent ni la signification réelle, ni la moralité de l'événement.

Je vous ai remis devans les yeux un document d'après lequel, à Paris, sous Richelieu et sous Mazarin, on avait exprimé le dessein de créer un patriarche français indépendant de Rome et du pape. Dans son ensemble, le concordat de d813, le nouvel œuvre de Napoléon, n'était qu'un retour à la même idée. Seulement, au lieu de créer un patriarche français indépendant du pape, l'empereur, dominé par l'esprit de la révolution française, avait bâti son plan sur une plus vaste échelle ; il voulait faire du représentant spirituel de l'ordre ancien, du pape luimême, un patriarche français.

Mais rien ne saurait suppléer aux considérants retracés à loisir par l'auteur lui-même du nouveau concordat. Le commentaire qu'il nous en donne forme l'introduction la plus naturelle à ce projet catholique, à apostolique et romain d'un ordre si singulier et aux principaux articles dont il se compose. On est à comprendre que Pic Yll, à telle contrainte qu'il

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