deuxième partie
12 février 18/|9.
Jusqu'à présent je n'ai abordé ni la plus grave difficulté ni le principal intérêt de la tâche qui m'est prescrite et du plan que je me suis tracé. J'ai établi seulement que dans les jours de transition où nous sommes, alors qu'une ère du monde succède à une autre ère, il
y avait nécessité de demander des éclaircissements et toute une expérience à des temps de môme nature. J'ai ajouté qu'on ne rencontrait cette analogie que dans l'époque de transition d'oii le christianisme s'est dégagé.
A la vérité, bien des gens aujourd'hui n'admettent qu'en partie l'avènement de notre ère nouvelle, le passage des temps moyens aux temps nouveaux, lis s'autorisent de la circonstance que le titre de xix% attaché à notre siècle, indique la continuation formelle de cette ère vulgaire ou moyenne. Mais il arrive aux grandes périodes de l'histoire de conserver encore dans la pratique leurs signes distinctifs et leur autorité bien après avoir touché à leur terme réel, après que leur mission spéciale se trouve achevée. Un exemple célèbre vient à l'appui, et prouve que le titre de xix% laissé au premier siècle de l'ère nouvelle , peut se maintenir indéfiniment, sans autre motif sérieux que le respect de l'usage.
Pendant cinq cents ans, les maîtres et disciples du christianisme furent soumis à la même condition que les générations nouvelles. Ils développèrent leurs raisonnements, ils datèrent leurs lettres, ils contèrent leurs histoires sous la supputation des temps qui était généralement reçue, et dont l'avènement de leurs idées, dont la nouveauté et les progrès de leur foi avaient marqué le terme final. Ce ne fut qu'à l'instigation d'un moine mort vers l'an 5/i0 de Fère vulgaire, ciue l'Église fit de la naissance de Jésus-Christ le commencement du monde alors nouveau, et qu'on donna à cette loi de chronologie une application rétroactive.