DEUXIÈME PARTIE
Â.U demeurant et pour mémoire, ma première partie, Paris et la révolution, vous a exposé pourquoi l'on n'a jamais réussi dans le dessein de séparer absolument les deux points, religion et politique. 11 existe entre l'un et l'autre des rapports intimes. J'en ai donné la raison en peu de mots, et l'ai étayéepar des témoignages tirés de l'histoire universelle. Ensuite j'ai comparé, dans cet intérêt, les révolutions anglaise et française, j'ai dit ce qu'il en était du dogme et des dogmes, de leur immuabilité et de leur classification, des noms de spirituel et de temporel ; enfin je suis entré dans la période comprise de l'an 1789 à l'an 1815, et j'ai appliqué un nouveau sens aux principaux événements qui relèvent de mon sujet dans l'histoire de l'Assemblée constituante, de la Convention nationale, du Directoire, du Consulat et de l'Empire.
Le résultat de cet examen a été de constater les deux règles relatives aux révolutions politiques et aux transformations religieuses, les deux lois dont la solidarité forme comme la substance de mes lettres. C'est à la faveur de ces deux règles que j'explique, au moral, les changements si subits, les courants en sens contraire oi!i nos générations se voient entraînées chaque jour, et surtout l'attente universelle de l'imprévu qui nous distingue.
Maintenant, j'ouvre ma seconde partie intitulée Rome et l'esprit de réaction. Sous la réserve de tous les développements dont vous reconnaîtrez bientôt la nature et l'utilité, cette deuxième partie finira par nous ramener au sein de Paris, et conduira les événements do l'an 1815 à 18/i0.
D'après la place qui lui est faite dans le cadre fourni à mes lettres par l'histoire générale du xix" siècle, nul ne voudrait dénier à cette seconde partie l'exactitude de son titre. Rien n'est mieux confirmé dans les écrits émanés des camps les plus divers. Sous la Restauration comme sous la monarchie de Juillet, Rome a présidé ou a fortement concouru à un travail de réaction, tantôt manifeste, tantôt occulte. Ce travail, dont les principales phases ont eu leurs chefs distincts, est entré, pour une part considérable, dans les vicissitudes des deux époques.
Mais le nom de Rome est loin de ne représenter ici que l'action exercée sur les affaires publiques de chaque jour. Rome est toute la question religieuse considérée dans ses origines et ses applications les plus positives ; Rome est la vraie, la grande cité de l'ère vulgaire ou moyenne, la Jérusalem du moyen âge. Toutes les appréciations qui lui sont applicables portent en même temps sur les autres branches et rameaux de la religion des Ecritures.
Accordez-moi, en elîet, ne serait-ce que pour un moment, la justesse rigoureuse de la première des deux règles précédemment constatées ; que s'en suivra-t-il ?
Il s'ensuivra que la révolution qui a déjà envahi le monde et inauguré un nouveau corps de société, une autre manière de constituer le temporel, doit s'attendre, tôt ou tard et providentiellement, à une transformation religieuse, à un ordre spirituel correspondant. Mais si une nouvelle phase de la religion est nécessaire, quelles peuvent en être les causes? C'est