‹ Paris, Rome, Jérusalem; ou, La question religieuse au 19e siècleChapitre 40 sur 80 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

sans doute que toutes les brandies aujourd'hui reconnues de cette religion, et Rome à leur tête, n'emportent plus dans leurs conditions officielles ni le degré suffisant de lumière, de justice, de vérité, ni le mérite d'efficacité ; c'est que, à leur origine, à l'époque de leur dégagement, le principe qui en a fait la force, la grandeur, a été associé à un principe de faiblesse, auquel le temps a fini pardonner la prépondérance; c'est enfin que, par un motif ou par un autre, elles participent toutes à une fausse situation. ' Or, l'état de choses que je vous ai demandé de n'admettre que par supposition, est précisément celui dont il appartient à cette seconde partie de constater la réalité.

En y procédant avec le plus d'ordre et de clarté qu'il sera en mon pouvoir, la fausse situation de toutes les branches actuelles, judaïque, chrétienne, mahométane et leurs rameaux, vous apparaîtra sous un triple aspect. Elle justifiera de nouveau la nature de mon plan et me permettra de remplir l'engagement pris envers vous, de ne jamais trop vous détourner de l'objet constant de vos préoccupations, le présent, Paris, lors même qu'avec Rome et Jérusalem nous nous verrions transportés le plus loin dans le passé ou l'avenir. Chacune des branches actuelles est dans une fausse situation par rapport à leur principe commun, à la racine et au tronc allégoriques dont elles émanent; elles sont au moral dans une fausse situation les unes à l'égard des autres, et de plus par rapport au nouvel état ou à la nouvelle ère du monde. Ainsi se trouveront confirmés, déplus en plus, cet en-

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seignement pratique, cette féconde moralité : l'incertitude et la confusion qui sont si fortement reprochées aujourd'hui aux intelligences, et qui peuvent exposer notre xix' siècle à tant de déceptions et de dangers, viennent, pour une grande part, d'en haut; elles dérivent du domaine de la religion non moins que du domaine de la philosophie et de la politique.

D'après ce simple énoncé, il est hors de doute que le nœud de mon sujet, presque toute la question, est renfermé dans le deuxième acte de ma trilogie. La principale difTiculté de ma tâche sera franchie si je réussis à vous faire apprécier la raison suprême d'impuissance qui pèse sur l'esprit de réaction, soit du côté de Rome, soit de la part des autres branches ou formes religieuses. Vous ne vous laisserez surprendre ni par les succès passagers auxquels cet esprit de réaction peut encore et doit aspirer, ni par l'usage des palliatifs ou des accommodements apparents dont l'esprit de transaction est le promoteur, ni devant l'incohérence des essais à l'aide desquels l'esprit de pure révolution tend à combler le vide. Ma dernière partie, Jérusalem, et le nouveau mouvement de rEuroj)e sur l'Asie, ou l'esprit de réédification générale, surgira comme d'elle-même en l'année 18/i0.

Mais en présence de cette nouvelle série de développements, il ne m'est plus permis d'éluder la double obligation que vous m'avez faite lorsque j'ai obtenu votre assentiment à recevoir mes lettres et à y rétléchir. Je dois disposer le plan de " cette seconde partie de manière à vous marquer dans quel oi'drc mes premières recherches se sont produites, et avant tout

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