LA PAROLE
' Chacun, d'ailleurs, porte en sa mémoire la preuve \\[ plus positive de la conséquence générale que jindique; cette preuve est l'histoire même du pays liéâtre de la révélation. Un droit public éclate par iabus autant au moins que par l'usage. Or, qui ne sait msage et Tabus qu'on faisait en Judée, et avec simuljanélté, de l'inspiration, de la parole, de la prophétie? |)ans les affaires religieuses, comme dans les alîaires lolitiques et dans les affaires morales, il était impossible, en raison des temps, d'exercer avec plus d'éten- :lue et de liberté ce droit, à la fois populaire et sacré, jle développer, d'interpréter TÉternel, la pensée unij'er selle.
i Enfin, tout ce qui vient d'être dit sur le caractère naturel de la révélation originelle est couronné par i'éducalion et la préparation si libérale, si forte, qui distingue le prince des esprits révélateurs. Aujourl'hui que le reproche de ne pas mûrir assez longemps leurs pensées est adressé généralement aux eunes intelligences, la grandeur de cet exemple, la najesté de ce type ne manque, je crois, ni d'utilité li d'à-propos.
Pendant le premier tiers de sa vie plus que cenenaire, au centre du pays le plus civihsé de son àècle, et comme sur les marches d'un trône où il avait Hé placé par un accident heureux, le révélateur pro- :hain du Sinaï recueille tous les genres d'enseigneiTients. 11 pénètre jusque dans les détours des sanctuaires les plus mystérieux. Il est initié h tous les secrets des religions et des gouvernements qui réglaient les destinées morales et l'état politique des hommes.
28i ROME ET L.4 RÉACTION.
Loin de céder à T autorité absolue des unes et à 1 séduction des autres, loin de tomber dans une vulgaii ambition, son génie forme des conceptions nouvelles! en partie les plus opposées aux mœurs, aux croyance alors dominantes.
Pendant le second tiers de son existence, ci homme si vigoureusement organisé réagit sur ses pri près pensées , consolide son cœur dans la solitud et la contemplation. C'est après ce long et doub travail que l'inspiration directe s'en empare, qi le feu sacré, la flamme révélatrice d'Oreb l'obli^ à mettre la main aux difficultés immenses de so œuvre.
Personne, au reste, n'a rendu avec autant d'élo quence que Bossuet cette éducation première naturelle et si large. J'ai même été forcé de remai quer autre part que l'illustre écrivain était allé beai coup trop loin et avait dépassé la limite du vrai < du juste. Dans ses allusions plus ou moins exacti aux théories de l'Egypte, dont ses opinions politiqui et l'influence prépondérante du règne de Louis XI l'avaient fait un admirateur presque passionné, l'aig de Meaux cède à l'entraînement de sa propre pensée il semble ne réserver aux illuminations et aux insp rations du prophète juif qu'un simi)le mérite, ou, vous me permettez cette expression , qu'un simp brevet de perfectionnement. Bien loin de là, chez ( prince des inspirés, le brevet d'invention, l'esprit ( création est incontestable.
« Moïse, qui forma le peuple de Dieu, dit Bossue était instruit de toute la sagesse divine et humaii