HOME ET ROME
ippliquées aux institutions, les conditions dans lesjuelles on se renie ou l'on se transforme. Nous n'aurons olus ensuite qu'à franchir le seuil qui doit nous coniuire de ces indications extérieures, et nécessairement lissez vagues, aux renseignements plus précis qu'on be saurait obtenir que dans les origines intérieures des diverses branches religieuses.
f| Mais de toutes parts, en ces présentes années, les évébements changent si vite, que la précaution me paraît plus que jamais indispensable de marquer, de temps à autre, la date rigoureuse où je vous écris. En ce deuxième mois de l'an 1850 je m'en tiens donc à constater que les traits de ressemblance entre les deux Romes semblent à la veille d'acquérir plus d'intensité, plus de relief, qu'à nulle des phases du xix' siècle auxquelles j'ai fait allusion ou que j'ai déjà parcourues. Ce sont les mêmes conciliations apparentes, la même confusion dans l'usage des noms caractéristiques ou dans la langue ; ce sont les mêjnes signes donnés pour avertissements, le même droit de remontrance.
Il va sans dire que toutes les branches de la religion des Écritures payent, ainsi que Rome, leur tribut I à la nécessité prédominante. Sous l'empire du nouvel esprit qui travaille, se consulte et s'agite pour trouver 'Sa nouvelle forme, son nouveau symbole d'alliance, ' chacune sort de ses propres limites par l'idée, par la langue, par le fait. Malgré toutes les précautions, chacune se dénature.
A cause de la crainte suscitée par des novateurs
• ardents, ou sous la propre impulsion de ces novateurs ;
chez les uns, par des raisons d'intérêt, chez les autres,
iV la voix d'une conscience indignée, on s'encourage réciproquement à tenter un nouvel essai. De vieux philosophes et des hommes d'État, les gens du monde et les lettrés, tous ceux qui avaient porté à l'autorité de Rome actuelle les plus rudes coups, tous semblent se donner le mot pour lui tendre la main , pour lui demander avec ostentation le baiser de paix; on les dirait déjà tout disposés à reprendre la hère, à venir à récipiscence. Jour par jour on rentre dans les voies qui s'étaient offertes aux hommes politiques, aux philosophes et aux pontifes de l'ancienne Rome. Ce sont leurs discours autrement paraphrasés, leurs palinodies ; | c'est au moral le même ordre de concessions, le même ordre de projets , ce sont les mêmes espérances et peut-être aussi les mêmes illusions.
En indiquant l'utilité que toute bonne classifica-i tion peut avoir, h une époque surtout où l'on reconnaît' qu'il y a du trouble dans les esprits, une de mes premières lettres a rétabli un point de fait qui est trop essentiel pour ne pas y familiariser de plus en plus votre pensée. Dans le domaine de la religion^ il en est des noms de christianisme et de catho^j licisme, comme sur le théâtre de la politique des noms' de république et de monarchie. Levez vos yeux : c'est le grand événement du jour. On agite de tous côtés et simultanément les drapeaux de deux républiques très-dilTércntcs, de deux monarchies trèsdifférentes. Sous peine de ne plus s'y reconnaître, il faut bien distinguer celle-ci de celle-là ; il faut bien que l'on associe au nom commun de monarchie et au nom commun de république des épithôtes, des signes