LE SYSTÈME ÉTABLI
I tért't d'un jet nouveau, d'être recepés, tantôt les uns j après les autres, tantôt tous ensemble.
A la faveur de ces distinctions , le chennin que j'ai là parcourir se trouve d'avance tracé. 11 faut d'abord ' se rendre compte des défmitions relatives à la racine et ! au tronc de l'arbre sacré qui ont été officiellement pro- ; pagées en Occident et en Orient par les interprètes des j religions dominantes , au nom des Évangiles et du Ko- I ran ; il faut se rendre compte aussi des opinions pro- ! pagées à ce sujet par les écoles dominantes de la philosophie. C'est l'ensemble de ces définitions et opinions religieuses et philosophiques que j'appelle le système établi. Or quelle n'en sera pas la conséquence, s'il arrive
■ à celles-ci et celles-là d'avoir engendré ou abrité plu- \ sieurs erreurs dans la manière de présenter les fon- * déments de la religion des Écritures; si elles ont
méconnu, en partie, la vraie nature des principes et des
i liens qui ont imprimé et qui impriment encore à la
théorie primitive de Moïse son originalité et sa force;
enfin, si plus d'une injustice se manifeste dans l'expli-
■ cation qu'elles ont donnée aux vicissitudes subies par : l'ancien peuple avant comme après Jésus-Christ, avant ' comme après Mahomet? Dans ce cas, nous serons forcés
de reconnaître, non plus sous forme d'aperçu général, mais avec précision, que l'une des difficultés principales de notre époque vient d'en haut, des origines intimes de la question religieuse. Après cela si d'autres abus, si d'autres injustices réciproques se découvrent dans la manière de juger et de qualifier le dégagement successif des diverses branches du tronc sacré et de leurs rameaux, le fait poursuivi dans cette
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seconde partie de mes lettres finira par acquérir l'intérêt d'une vérité. Au moral, la fausse situation où ces diverses branches, judaïque, chrétienne, mahométane, se trouvent aujourd'hui placées par rapport à leur principe commun, et les unes à l'égard des autres, donnera lieu de s'attendre à l'intervention plus ou moins prochaine d'ua nouvel esprit, à une œuvre commune de réédification.
Selon les appréciations religieuses et philosophiques établies, on assure que, après y avoir été préparés par : d'illustres devanciers. Moïse et avec lui le peuple de Dieu, le peuple juif, avaient eu à remplir une mission marquée d'un double caractère. D'une part, et c'est ici le jugement qui a fait le fond du système le plus familier à la philosophie et à l'histoire, d'une part ils avaient été appelés ou entraînés à promulguer la plus sublime de toutes les pensées, l'unité de Dieu, le monothéisme. Ils avaient adjoint à cette pensée divers préceptes de haute morale, mais surtout une foule de lois et de pratiques exagérées qui avaient eu pour eifet immédiat de développer chez l'ancien peuple un particularisme étroit, un esprit absolu de séparation, d'isolement.
D'autre part, et c'est en ceci que réside spécialement le thème religieux, d'autre part l'ancien législateur et l'ancien peuple avaient été chargés d'inscrire dans leurs livres une grande prédiction, celle qui, dans l'Occident et en Orient, est toute exprimée dans ces mots : « L'avènement du Messie, l'avènement du Prophète. » Sous le mystère de leurs figures, de leurs cérémonies, de leur loi , cette seconde face de leur mission avait consisté aux yeux des uns, les Occi-