‹ Paris, Rome, Jérusalem; ou, La question religieuse au 19e siècleChapitre 63 sur 80 · LOI MATHÉMATIQUE · texte numérisé non relu

LOI MATHÉMATIQUE

jugez s'il n'est pas indispensable, dans l'intérêt du monde nouveau, de reconnaître avec droiture la raison d'être providentielle ou le côté fort de chacune des deux émanations, et leur péché originel ou le côté faible.

LETTRE XXVI

D'une loi malhcmalique applicable au dégagement successif des principales branches du tronc sacré.

Dans la question où je vous ai engagé, nul moyen d'éclaircissement direct ou indirect ne mérite d'être laissé en arrière. Quoiqu'il doive paraître étrange d'introduire la loi mathématique si connue sous le nom de résultante des forces^ dans l'explication des affaires' religieuses, une courte réflexion fait changer d'avis. On entrevoit que cette règle, cette loi , est susceptible de s'appliquer au dégagement des principales branches du tronc sacré, et surtout au dégagement de la branche chrétienne et à son symbole par excellence.

L'homme a donné à Dieu une partie des attributs et des qualifications qui sont puisés dans la propre nature humaine, dans nos connaissances et nos habitudes de langage. On a généralement appelé Dieu le

grand architecte de l'univers, de l'univers idéal comme du monde sensible.

Sans contredit , si le pouvoir nous était accordé de nous transporter corps et àme dans des sphères supérieures, si nos sens et nos perceptions obtenaient plus d'étendue, plus de finesse, les causes et les effets qui, dans ce bas monde, nous paraissent les plus irréguliers, les plus indéfinissables, prendraient tout à coup une nouvelle signification. Nous découvririons qu'ils se lient à des combinaisons heureuses, qu'ils suivent des proportions déterminées, qu'ils emportent la rigueur de conséquence, l'exactitude qui constitue précisément l'esprit mathématique. Dans tous les cas, ce seul titre de grand architecte de l'univers nous avertit que tous les événements mémorables, toutes les révolutions, tous les âges de l'histoire religieuse et non religieuse concordent entre eux comme les diverses parties d'un édifice. Quoique leurs développements extérieurs se conduisent avec un grand air de liberté, et laissent le plus large champ à la variété des formes, ces événements et révolutions sont assujettis néanmoins à des .règles communes et rigoureuses.

Voilà comment la loi de la résultante a un sens moi'al tout comme un sens physique ; comment elle ne reste pas étrangère aux directions successives imprimées à l'esprit de religion et à la diversité de ses symboles.

Dans l'ordre physique, lorsqu'un certain nombre de forces différentes et divergentes agissent sur un corps pour le solliciter au mouvement et l'attirer, ce corps n'obéit à aucune de ces forces d'une manière absolue. Bien loin de lu, il suit un terme moyen qui le fait pen-

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