LE DOCUMENT
politique et en religion, d'un autre côté la solidarité d'abord latente et prochainement manifestée entre les deux vainqueurs, Rome et le Christ, d'ouest provenu le catholicisme actuel, ses grandeurs et ses défaillances.
LETTRE XXVIII
Document relatif à la première mollit; de 1 épopée judéo-romaine; guerre de principes déjà engagée entre Jérusalem et Rome.
Parmi les documents relatifs à la première moitié de l'épopée judéo-romaine, il en est un très-succinct qui pourtant fait le mieux pressentir la nécessité d'une œuvre médiatrice, d'une ligne résultante, la manifestation de quelque symbole conciliateur. Quatre-vingts ans avant les prédications de Jésus-Christ, ce document, que nous devons à Cicéron, dépeint en deux traits la guerre de principes, la lutte à la fois religieuse, politique et morale où la cité représentative du mosaïsme et la cité représentative du paganisme se trouvaient déjà et providentiellement engagées.
Plus d'une fois dans ses écrits le grand orateur de l'ancienne Rome a parlé juif, et la raison de ce fait est matérielle. Cicéron était pour ainsi dire un esprit de nature encyclopédique ; ses œuvres peuvent
être considérées comme la reproduction de son époque. Or, en Tannée 51 et 50 avant Jésus-Christ, Gicéron fut revêtu de la puissance proconsulaire dans une des provinces limitrophes de la Syrie la plus remplie de Juifs émigrants, dans la province de Gilicic, qui avait pour capitale la ville de Tarse, où longtemps après naquit l'apôtre Paul. De plus, Gicéron était l'ami particulier du chef et des principaux officiers de l'armée envahissante qui avait ouvert les deux siècles de la domination romaine en Judée par un premier siège et un premier renversement de Jérusalem. Enfin , le frère de l'orateur avait été envoyé en Orient avec un caractère officiel, deux ans après ce grand trouble. En conséquence, et de toute nécessité, Gicéron avait une connaissance directe des sentiments des Juifs, de leurs mœurs. Ses impressions, ses paroles ne tombent pas au hasard ; sa position l'avait initié à l'activité religieuse que les Juifs déployaient alors, et qui exerça bientôt une influence si profonde sur les idées, la religion et la philosophie de Rome.
Toutefois, il est curieux de remarquer à quel point, en sa qualité d'homme politique, Gicéron commet ici une grave erreur. A ses yeux la compression exercée en Judée par les forces étrangères prend les apparences d'une paix; et plus de cent vingt ans avant le siège de Titus, il semble convaincu que la résistance religieuse et nationale de Jérusalem à Rome, h ses maîtres, à ses dieux, est une affaire conclue.
G'est en soutenant la cause d'un proconsul d'Egypte, d'un de ces hommes iniques qu'il avait flétris lui-même et avec tant d'énergie dans la personne