‹ Paris, Rome, Jérusalem; ou, La question religieuse au 19e siècleChapitre 67 sur 80 · I. 2fi · texte numérisé non relu

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se résumer dans le culte de Tamour physique, le culte d'Eros. Aussi est-ce un fait digne de remarque cjue chacun des trois organes dominants dans la constitution naturelle de Thomme, la tête, les sens et le cœur, ait été adopté comme symbole dans chacune des trois religions, mosaïsme, paganisme, christianisme, dont les hittes remplirent la première et la seconde moitié de l'épopée judéo-romaine. De plus, en vertu de leur simple rapprochement, l'effet de ces symboles est d'expliquer, en général, dans quel état de minorité numérique le mosaïsme est resté pendant les temps anciens et Tère moyenne ; là, par rapport à l'étendue immense des succès obtenus par le paganisme, ici, par rapport à l'étendue immense des succès réservés au christianisme.

Dans la religion mosaïque et au figuré, c'est la tête qui | a la prééminence, l'organe du jugement, c'est le cerveau enflammé, le roi de la pensée et de l'écriture. Quand il apparaît comme image représentative, quand il sort de la tente respectée, témoin de ses inspirations, Moïse est obligé d'employer un voile, afin d'adoucir les rayons lumineux qui jaillissent de son front. De plus les cornes classiques dont ce IVont est orné représentent "le pouvoir de la pensée, la force divine de son génie; c'est l'image du taureau appliquée à l'action de l'esprit et qui le montre capable de réveiller, de féconder à lui seul une multitude d'intelligences.

Dans le paganisme oriental et occidental, au contraire, chez les Grecs comme sous le ciel de l'Inde, c'est bien le taureau et d'aulres images analogues qui servent de symbole religi^aix ; mais le taureau, expression vivante d'Eros, le taureau pris tout à l'opposé des coi'ncs

mosaïques ; c'est l'organe représentatif des forces génératrices de la nature, qu'on élevait en triomphe dans la célébration de certains mystères, et qui était suivi processionnellement, avec crainte et respect, par un grand nombre de jeunes filles vêtues de blanc.

Enfin, le principal symbole attaché au christianisme est comme médiateur entre les deux autres ; c'est le cœur sacré tout rempli de flammes, et percé de poignards à l'instar des flèches de l'antique Éros ; c'est l'organe représentatif de l'amour moral, de l'amour mystique, le pouvoir qui, à un jour donné, et dans le but de tout soumettre à sa domination, a demandé d'un côté, des pauvres d'esprit, et du côté opposé, des eunuques volontaires.

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