SI L\ LOI A CESSÉ
la loi un nouveau sacerdoce, une nouvelle sainteté. Ils ont tous dans Paris un caractère prédominant; ils croient tous au Dieu des Écritures, au Dieu de Tan- .cienne Jérusalem; en même temps, ils se distinguent tous par une résistance incessante au pouvoir de Rome, au sacerdoce absolu de la foi, qui voit en eux et avec raison les plus redoutables adversaires. Dès ce jour, la résurrection du principe loi s'opère à vue d'œil ; il gagne rapidement du terrain; chacun travaille à en rétablir la puissance. Enfin et pour rentrer sans autre détour dans les nouveaux temps, concentrons toute notre attention sur la coïncidence la plus extraordinaire. Ce ne sont point là des rapprochements vains, où le doigt du Dieu de T Écriture, le doigt de l'Éternel se prive d'apparaître.
Dans la cité même où commence une ère toute nouvelle, où éclate la révolution des nouveaux jours, au milieu de jugements de Dieu et de tout un ordre d'expiations qui ne sont pas moins terribles que dans l'ancienne Jérusalem , le principe loi exalté , entraîné , poussé à bout, finit par ne plus se connaître ; il dépasse aussi le but. Chose toute pleine d'un sens mystérieux! on entend reproduire littéralement la même parole qui avait été prononcée jadis à son égard. Un écho populaire immense répète ce cri presque sacramentel :
« Désormais la loi est tout, le peuple est tout et la foi
cesse. »
LETTRE XXXVII
Autre cause de fausse siluallon, ou comment les figures de l'ancienne loi sont aujourd'liui plus vivantes que jamais.
Malgré les déclarations contraires, si la loi n'a pas cessé, si elle a donné des preuves qu'on l'avait considérée vainement comme épuisée et morte, il est encore bien moins exact d'affirmer que les figures de l'ancienne loi ont été accomplies, qu'elles sont passées sans retour. Jamais ces figures n'ont eu plus de vie qu'aujourd'hui; jamais elles n'ont pris plus de corps chez toutes les populations ; jamais ces mêmes figures, en Occident et en Orient, n'ont été l'objet d'un hommage aussi actif, aussi manifeste.
La poésie de l'ancienne loi avait pour habitude de procéder par des oppositions, des contrastes. Dans les poésies nationales de l'Europe, on représente l'idée de la patrie sous les aspects les plus divers. Chez nous, par exemple, il est dérègle allégorique et poétique, il est de droit de regarder la France comme une noble et fière femme , quoique trop de fois dans son histoire elle ait pris l'attitude d'une esclave humiliée, d'une fille éplorée ou d'une bacchante saisie d'indicibles fureurs. De même, vous verrez que la poésie ancienne et sacrée agissait à l'égard de Jérusalem.