‹ Paris, Rome, Jérusalem; ou, La question religieuse au 19e siècleChapitre 76 sur 80 · LA PARTICULE · texte numérisé non relu

LA PARTICULE

Dans le but de mieux éclairer l'effet du retranchement de ce signe ou sa portée politique, il faut vous remettre une dernière fois en mémoire le sentiment exprimé sur la Noblesse et la forme employée à cette occasion par l'écrivain juif éminent qui brillait du temps d'Hérode, et avant les prédications de Jésus-Christ: « Ceux qui exaltent la noblesse comme un bien ou comme une source de grands biens, disait dans son traité ad hoc ce vieux commentateur de la loi ancienne, de la loi réputée morte, ceux-là sont fortement à reprendre, quand ils appellent nobles les hommes issus de parents ou très-illustres ou très-riches... La véritable distinction n'appartient qu'aux personnes douées d'intelligence et pleines de droiture... Ah! s'il plaisait à Dieu de donner à la vraie noblesse une forme et une voix humaines, quelles ne seraient pas ses remontrances ? Est-ce seulement par le sang que la parenté s'établit? s'écrierait-elle. N'est-ce pas plutôt par la ressemblance des actes et des pensées? Et, cependant, vous êtes en opposition constante avec moi. Vous aimez ce que je hais, et vous réservez votre haine à ce que j'approuve. J'honore la sincérité, la vertu, la modération, la modestie, l'innocence, et vous n'en faites aucun cas. Je déteste l'impudence, le mensonge, l'énervement, l'orgueil, la malice, et rien ne vous est plus ordinaire. Ne cherchez pas à m' abuser par des paroles trompeuses. 11 est facile à qui que ce soit de faire des discours excellents en apparence ; mais transformer de méchantes mœurs en bonnes mœurs, voilà le difficile. »

Or à la connaissance de tout le monde, quel a été le résume de la révolution politique la plus générale,

de la rés'olution française? Dans le dessein d'échapper à de nombreux abus, bien plus que pour éteindre le respect qui est dû à tous les souvenirs de mérite, de dévouement et de gloire, le résultat de cette révolution n'a-t-il pas été de détruire dans son sens pratique, de retrancher en substance la particule caractéristique, le de nobiliaire et séparatif sous l'influence duquel une seule et même nation avait été divisée comme en deux natures, en deux corps, en deux peuples?

Mais si le caractère du signe effacé est de résumer la révolution politique accomplie, on ne tarde pas à reconnaître comment ce même signe, rétabli, réajouté, peut avoir à son tour pour caractère d'exprimer une des transformations religieuses les plus générales qui soient encore à accomplir.

Dans l'ancienne loi, l'homme a été fait à l'image et ressemblance de l'Éternel. Le champ est sans limites. Icibas, comme dans les mondes supérieurs, les degrés comparatifs et superlatifs de cette échelle de ressemblance ne sauraient être fixés à un nombre ou à uu autre. 11 s'ensuit, de plus, que nous sommes toujours appelés à rechercher l'Etre, l'Eternel, l'Un, par deux voies différentes. Tantôt, en dehors de nous-mêmes et dans les œuvres qu'il a produites ; tantôt, dans les profondeurs de notre sentiment et de notre pensée, oi^i son image et ressemblance ont été empreintes dès les premiers jours.

Toutefois, l'homme aurait beau s'exalter : entre sa nature et celle de Dieu, l'abîme est infranchissable. Jamais leur différence ne sera moindre que celle qui existe entre la personne de l'homme et la plus parfaite image et res-

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