‹ Paris, Rome, Jérusalem; ou, La question religieuse au 19e siècleChapitre 78 sur 80 · I LÀ TRIPLE SOURCE · texte numérisé non relu

I LÀ TRIPLE SOURCE

faire suite aux principes et croyances de chacun des deux camps religieux alors engagés dans une double opposition; d'un autre côté, il était appelé à se montrer à leur égard comme une rupture éclatante.

Aujourd'hui l'inlluence exercée par la même loi sur la différence et la divergence des traditions religieuses alors en vigueur, sur les objets du respect et de l'adoration populaires, va comme compléter cette première application. Si l'on met en regard ces traditions populaires et religieuses; si l'on se représente successivement la nature des personnages sacrés, des scènes, des mystères qui, hors de la Judée et en son sein, avaient un droit d'antique établissement; si l'on apprécie enfin les effets de l'action et réaction de ces diverses traditions les unes sur les autres, on est conduit également et par anticipation à concevoir un résultat composé. Il en ressort presque forcément un système interprétatif de nouvel ordre, un esprit médiateur et conciliateur qui impose en quelque sorte à la divinité d'avènement prochain la forme de sa naissance, la forme des péripéties qu'elle aura à traverser et de ses douleurs, la forme de sa mort, de son retour à la lumière.

La branche chrétienne a pour dogme fondamental et immuable de faire dériver d'une seule source, des livres juifs, les interprétations spirituelles et les prédictions qui lui servent à expliquer jusqu'aux moindres détails merveilleux et mystérieux de l'histoire de Jésus-Christ. Mais si, au contraire, c'est à l'aide d'une triple source qu'on obtient la clef de ces formes médiatrices, qu'elles s'expliquent le plus fidèlement, vous discernerez eu cela, je pense, une cause nouvelle de fausse situation,

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une raison nouvelle de céder à l'irrésistible nécessité d'une transformation générale. 11 faut, en conséquence, nous maintenir dans la supposition que, en se reportant à la veille des événements, on ignore les solutions ultérieures., qu'on ne cherche qu'à les prévoir. Il faut, de plus, s'astreindre à procéder ici par des images comparées, par de véritables descriptions, et joindre à une épreuve une contre-épreuve.

En eflet, les trois sources comprennent l'allégorisme poétique des anciennes Écritures ou des livres juifs, le mythologisme des Grecs et des Latins et le symbolisme oriental. Leur action et réaction méritent d'être définies de la manière suivante :

A mesure que l'élément poétique et moral des livres juifs était reporté sur les traditions religieuses de la gentilité, sur la mythologie des Grecs et des Latins, sur les formes des grands et petits mystères de l'Orient, on obtenait un résultat pratique essentiel. On atteignait à fond l'incohérence, le chaos et l'immoralité populaire de ces mystères et traditions dont vous vous souvenez que le sens général était de représenter les forces génératrices et physiques do la nature. On les ramenait avec énergie à la simplification juive, à l'unité; on \es bihlisait, passez-moi l'expression, on les judaïsait, et par-dessus tout on y infusait, on y incarnait les sentiments de filialité et de iVaternité universelles.

Or tel sera le sujet des scènes de mystères et des figures poétiques comparées, qui constitueront^ notre épreuve.

Après cela, lorsqu'on reportait les formes mythologiques des traditions grecques et latines et l'élément

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