‹ Paris, Rome, Jérusalem; ou, La question religieuse au 19e siècleChapitre 79 sur 80 · LA. TRIPLE SOURCE · texte numérisé non relu

LA. TRIPLE SOURCE

stinctif des mystères orientaux sur le langage pure- ■ ent poétique, figuré ou imagé des livres juifs, un itre genre de changement était opéré. Ces images Détiques, ces figures bibliques se voyaient transformées 1 do-mes absolus. On les mythologisait, on les pagaisait" passez-moi de nouveau l'expression, ou bien on ■s orientalisait. Par ce moyen et dans l'intérêt de la ratique on les rendait beaucoup plus accessibles et artout plus agréables à toutes les populations des ■entils sur l'esprit desquelles il importait alors d agir iirectement, puisqu'elles remplissaient presque touie

a terre habitable.

Tel sera donc, à son tour, le sujet de ma contre- «preuve et la meilleure occasion d'obtenir, par avance, a clef d'un système médiateur qui, cà l'égard de chacune des sources opposées de traditions, se montrera a a fois comme une suite et comme une rupture.

Aune certaine saison de l'année, et bien avant que Jésus vînt au monde, si l'on se transportait dans une des réo-ions voisines de Jérusalem, en Egypte, sur une des ten-es classiques des mystères, on s'y trouvait témoin d'une grande solennité. La signification spéciale de cette fête sacrée et le nom des personnages mystérieux qui en sont l'objet nous restent ici mdi Terents. C'est la forme extérieure du mystère, ce sont les émotions populaires qu'il provoque, les qualifications générales et les péripéties réservées aux personnages divins qu'il met en scène, qui réclament exclusivement

notre attention.

Toule la population paraît en deuil et verse des larmes. Depuis les rangs les plus élevés jusqu aux plus

infimes, chacun partage les douleurs de la reine du ciel, de l'épouse divine, de la mère suprême. Les femmes, selon l'usage, y déploient tout le zèle et la sensibilité chaleureuse de leur cœur. La présence d'un cercueil explique assez le sujet de tant de larmes. L'époux supposé de la reine divine, incarné comme elle et manifesté sous une forme humaine, a subi des outrages sanglants. Deux fois l'homme roi par excellence, l'homme Dieu, est tombé en victime; deux fois, ce principe de toute lumière et de tout bien, s'est vu trahi et frappé par son frère et son ennemi, le principe incarné des ténèbres et du mal. On a déchiré son corps, on a dispersé ses membres sur toute la terre. L'épouse divine dévouée, et éplorée, a couru de tous côtés et s'est exposée aux humiliations et aux dangers les plus terribles pour les recueillir.

Quelques jours après cette première et lugubre solennité succède un transport de joie et d'espérance, ■ l'expression d'une sainte victoire. Les membres du cadavre divin ont été retrouvés et réunis. Il s'élance d( sa couche mortuaire et descend aux enfers pour } devenir le juge des morts et y régler l'ordre de la transmigration des âmes. En môme temps la reine célesU réapparaît radieuse, tenant dans ses bras un petit enfant, Dieu nouveau et incarné, que l'on salue en criant: « Un fils nous est né, le vainqueur, le sauveur, qu surmontera la puissance du mauvais génie et rétablira l'intégrité du royaume de son père. »

Dans les autres contrées limitrophes de Jérusalem les détails de cette solennité et toutes ses bizarrerie; accessoires se diversifiaient à l'infini. Mais si on ^

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