‹ Paris, Rome, Jérusalem ou la question religieuse au XIXe siècleChapitre 10 sur 107 · LES DEUX RAMEAUX · texte numérisé non relu

LES DEUX RAMEAUX

Le patriarche Photius est là figure qui domine dans la première bifurcation de la branche chrétienne, dans sa division officielle en deux rameaux. Photius est jusqu'à un certain point le Luther des grecs, comme Bossuet est l'apôtre et presque le prophète du gallicanisme.

Le débat des grecs avec les latins, de Constantin ople avec Rome, venait de loin. Des causes diverses le provoquaient. Ces causes, dont l'influence n'est pas moins active aujourd'hui que jadis, comeprnaient une question de nature ou de race, la différence originelle de l'esprit grec et de l'esprit latin ; elles comprenaient une question de droit religieux, les services rendus à l'établissement du christianisme, que chacune des deux cités rivales, Constantinople et Rome, avait à revendiquer et dont elle se faisait un litre à la suprématie; enfin," elles comprenaient une question de convenance géographique.

Dans le domaine des esprits, il existe des différences de race, des caractères aussi tranchés que dans le corps des populations. Chez les trois peuples auxquels les enseignements historiques et les traditions religieuses de notre Occident ont attaché le plus de renommée, les Juifs, les Grecs et les Romains, le caractère de race appliqué aux formes de l'esprit ne se révèle pas moins que les diversités naturelles de sang et de physionomie. A travers les mélanges d'idées, leurs mariages les plus complexes, on réussit à suivre les traces de ces caractères primitifs. Ainsi vainement l'idée d'origine juive sera portée par des routes inconnues jusqu'au fond de l'Orient ; elle finira toujours par percer le voile des con-

ceptions étrangères auxquelles on l'aura tacitement associée.

11 en est de même de l'esprit caractéristique des grecs et de celui des latins, de sorte que leur opposition, considérée comme cause préparatoire de l' avènement de Photius, mérite d'être dépeinte.

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