‹ Paris, Rome, Jérusalem ou la question religieuse au XIXe siècleChapitre 23 sur 107 · RETOUR À · texte numérisé non relu

RETOUR À

rétablir autant que possible la solidarité entre le trône et l'autel, entre l'ancien état politique ou la légitimité de l'ancien temporel, et l'ancienne forme de la religion ou la légitimité de l'ancien dogme. Ses représentants les plus fidèles étaient ceux qui s'attaquaient sans détour au nom, au principe, à tous les intérêts de la Révolution. C'est sous l'influence, soit publique, soit occulte de ce courant, de cet esprit, que, depuis 1815 jusqu'en 1840 et au delà, l'esprit de transaction a rencontré tant d'obstacles et l'esprit de révolution tant de sujets réels ou exagérés de crainte et d'irritation. Sous son influence les deux monarchies de 1815 et 1830 ont été l'une la plus compromise, l'autre la plus fortement minée en sa racine.

A son tour et pour ce qui est de la question religieuse, l'esprit de révolution n'a pas varié dans ses caractères. Dès son début, au milieu d'un état de chaos, la révolution française avait compris qu'un changement général dans la cité ou la question politique entraînait un autre changement dans la cité ou la question religieuse. Mais s'il avait accepté largement la loi de rupture à l'égard du passé qui est faite à toutes les époques de transition d'une ère du monde à une autre ère, ce même esprit de révolution était resté comme étranger à la loi non moins impérieuse de suite. Il s'imaginait qu'après avoir dit : « Je ne crois pas à la révélation, je ne crois pas aux miracles, » tout était fini, tout conclu avec la sève, le foyer toujours vivant de la sagesse religieuse, avec ses grands desseins, avec sa conception messianique.

A partir de 1815 et à l'abri d'une extrême diversité

Page 1