‹ Paris, Rome, Jérusalem ou la question religieuse au XIXe siècleChapitre 29 sur 107 · SOCIÉTÉS SECRÈTES. U · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉS SECRÈTES. U

Toutefois, lorsqu'un fait capital se produit, se renouvelle avec persistance, il a ses raisons, ses causes de premier et de second ordre. Considérés en général, rétablissement et le travail des sociétés secrètes, des gouvernements occultes, servent de signe aux grandes époques de transition, aux grands passages d'une ère religieuse ou politique du monde à une autre ère. Aussi est-ce dans le sein de la religion qu'il faut chercher les origines les plus reculées de ces sociétés et de ces gouvernements. La politique n'y a eu recours qu'à l'exemple de la religion et en y employant à peu près les mêmes formes.

En effet, quand un principe méconnu ou .opprimé vient à naître ou à renaître, quand une idée nouvelle ou renouvelée est à la veille de pousser son jet, on conçoit que, pour y réussir, elle cherche à se donner de la force, à s'organiser. Mais si des causes extérieures, si une organisation déjà longuement établie, arrêtent son élan lui suscitent trop d'obstacles, on conçoit également que cette idée s'installe dans les régions du mystère. Là, à l'instar de la plante dont les frimas retardent la végétation, elle se fortifie par les obstacles mêmes qui lui sont opposés; elle prend goût aux dangers dont on la menace; elle s'exalte au tableau du triomphe et des récompenses qui seront réservées tôt ou -tard à ses défenseurs, à ses croyants. Enfin cette idée se fait des légions capables de se maintenir, au moment voulu, contre les armées de diverse nature qui ont en leur faveur l'établissement officiel, l'exercice public de la puissance.

Page 1