‹ Paris, Rome, Jérusalem ou la question religieuse au XIXe siècleChapitre 30 sur 107 · II · texte numérisé non relu

II

Dans l'antiquité religieuse, le livre sacré intitulé les Nombres^ ou le dénombrement, semble destiné à l'attester. Lorsqu'à un certain jour Moïse connut avec une si rigoureuse exactitude le relevé des hommes qu'il conduisait ; lorsque chaque tribu, chaque troupe forma des divisions et subdivisions régulières, que chacune eut ses chefs déclarés, ses étendards, ses armes dérobées à l'oppresseur, il est impossible d'expliquer ces circonstances autrement que par un travail préalable et occulte.

De même, à l'heure où, d'après les Évangiles, les apôtres et les disciples, encore imbus de leur crainte et de leur respect habituel pour l'autorité de la loi, eurent tous abandonné leur maître, il arriva que des chefs, jusqu'alors occultes, sentirent la nécessité de sortir de derrière le voile, de leur fournir un renfort. On n'a plus à faire, en cette occasion, à des pauvres, à des infimes ; ce sont des riches, des puissants, des sénateurs juifs, saintement inspirés ou mécontents, qui réclament Jésus, qui président à son entrée au tombeau et par suite à son exode ou sa sortie.

Le même fait ne réapparaît pas moins dans le fanieux livre de YJpocalypse qui, au point de vue naturel et historique, est susceptible de recevoir tant de clartés. Au commencement, quel est le caractère et la signification de toutes ces églises contre la tiédeur desquelles de si vives récriminations sont exprimées, ou dont on encourage avec énergie l'activité, Éphèse, Sardes, Smyrne, Pergame, Thiatyre, Philadelphie, Laodicée? Elles ne représentent encore que de simples conventicules, que des assemblées, des con-

Page 1