‹ Paris, Rome, Jérusalem ou la question religieuse au XIXe siècleChapitre 65 sur 107 · LETTRE XVIII · texte numérisé non relu

LETTRE XVIII

Du dogme de la résurrection des corps, et de ses différences générales avec la transmigration des âmes.

Sous l'influence des nouveaux cieux dont il vient d'être question, ou de la nouvelle manière d'entendre leur voix, la terre avait subi au moral une révolution qui substituait de loin le principe des nouveaux temps au principe consacré de l'ordre ancien. Conformément à la célèbre parole e pur si fnuove, elle obéissait désormais à la loi de circulation, de mouvement, dont la puissance devait envahir successivement toutes les parties de son domaine. Loin d'être regardée comme une vallée de misères et de larmes, comme le théâtre spécial de la mort, la terre redevenait, à la gloire de tous, une habitante assez frêle sans doute, mais une habitante réelle de la cité infinie des çieux. L'homme apprenait que le champ magnifique d'étoiles qui lui sert comme de couronne pendant la nuit, allait roulant sous ses pieds pendant le cours de la journée.

Or cette nouvelle situation portait un grand coup au dogme de la résurrection des corps qui, sans allégorie, sans figure, forme la base de toute la doctrine de Jésus-Christ et s'associe avec solidarité à l'éternité absolue des récompenses et des peines.

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