RÉSURRECTION
cision irrévocable qui doit .exercer sur lui une si forte influence. Sur ces entrefaites, l'esprit, Târae, la part de substance immatérielle qui a animé ce corps subit un jugement préparatoire, et tout comme dans l'ancienne théorie des Perses, est envoyée dans telle demeure que de droit.
L'objection à laquelle le dogme de la transmigration ou circulation des âmes offre déjà l'avantage d'échapper est donc celle-ci : Puisque les deux parties séparées et pourtant reconnues inséparables, l'esprit et le corps, l'âme et la chair, le moral et le physique, ont chacune leur responsabilité propre, que doit-il s'ensuivre au dernier jour s'il est reconnu qu'une bonne âme avait été dévolue à un détestable corps, ou qu'un corps excellent par lui-même est devenu l'asile et comme le logement d'une âme, d'un esprit réellement infime? Alors comment sera-t-il possible d'accomplir la résurrection et de réassocier sans retour le même au même? La bonne âme tombera-t-elle dans les régions éternelles de douleurs pour avoir été la proie d'un méchant corps, ou un corps pur sera-t-il privé de la récompense des cieux pour s''être vu habiter par l'hôtesse la plus incommode?