LETTRE XXXIX
La guerre en i854*
Mai 1854.
Dès que le réveil de la question d'Orient a fourni à mon exposé sa fin naturelle et les dernières preuves sur lesquelles il m'était permis de compter ; dès qu'à Paris, à Rome, dans l'Europe entière, la force des choses a ramené tous les regards vers Jérusalem, vers la question des Lieux Saints et vers l'affaire des clefs, je n'ai plus qu'à enregistrer de loin en loin quelques événements. Nous entrons dans une nouvelle péripétie, et je n'attendrai pas sans une vive impatience le jour où ma conclusion pourra vous être adressée sous des auspices favorables.
En 185/i. une grande guerre est déclarée entre les premières puissances de l'Europe. Est-ce un motif de croire que le baptême de sang, que la religion des sacrifices humains, entre pour jamais dans les plans de la Providence? Est-ce que nulle question, pas plus la question d'Orient que toute autre, n'aurait le droit de poindre, de se développer, de se résoudre, qu'à la condition de coûter une multitude de victimes et de cruelles douleurs?
Rome deuxième de nom, ou catholique, a cédé à