‹ Paris - Salon 1883Chapitre 39 sur 51 · VOILA LE JOUEUR D'ORGUE · texte numérisé non relu

VOILA LE JOUEUR D'ORGUE

X ne saurait contester que le g-enre rustique est fort en vogue aujourd'hui. Il y a des g-ens qui préfèrent l'étable au boudoir, le purin au Champaca et à l'Ylang-ylang*, et les sabots aux mules de satin.

'• Des goùls et des couleurs poiiU no faut disputer! »

Ces paysanneries, qui ont aujourd'hui la faveur du public, sont exploitées par deux écoles fort divergentes, et dont les procédés diffèrent du tout au touc. L'une, qui a pour chef reconnu et incontesté, M. Jules Breton, et pour principaux adeptes un Français, M. Langée, et un Suédois, M, Ugo Salmson, fait une large partà l'idéaUsme, et, tout en restant fidèle aux données du genre rustique, elle interprète et ne copie point. Ce sont bient des paysans qu'elle nous montre ; mais

elle les choisit; les élève jusqu'au type de l'espèce, et crée au besoin ce qu'elle ne rencontre pas. En quoi j'ose dire qu'elle fait véritablement œuvre d'art.

L'autre école, dont M. Bastiex-Lepage est le chef et l'oracle, se contente d'ouvrir les yeux, s'efforce de voir juste, et nous rend ce qu'elle voit avec force et sérénité.

C'est à cette dernière école qu'appartient M. Frédéric Uhde, peintre saxon, élève de M. MuNKACsY, peintre hongTois.

M. Uhde, qui se recommando à nous pour une exécution de premier ordre, et une virtuosité toute magistrale, s'attache à la nature avec une fidélité toute photographique, et il la transporte toute vivante sur la toile. Le morceau est enlevé. Vous pouvez étudier Tan après l'autre chacun des quinze ou vingt ])ersonnages qui figurent dans son tableau, vous serez frappé de la sincérité de l'artiste. Il n'a rien inventé ; mais vous devinez l'émotion profonde qui s'empare de lui en face de la nature, il la communique à son œuvre avec une telle puissance qu'il la fait partager à tous cenx qui la regardent. Cela aussi est un succès,

GHIGOT

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