‹ Paris - Salon 1883Chapitre 41 sur 51 · LE TÉMOIN · texte numérisé non relu

LE TÉMOIN

ANS la vie artistique, aussi bien que dans la vie littéraire, c'est un très grand point que de savoir se choisir — ou se créer — une spécialité ; de lui demeurer fidèle, et de l'exploiter à outrance. Pour beaucoup de gens, le succès est là. M. Salzédo le sait bien, et il pourrait l'apprendre aux autres. M. Salzédo est un habitué des cours et tribunaux. Il doit passer sa vie aux Assises ou à la Police Correctionnelle. Il connaît les mœurs judiciaires du xix^ siècle comme Gavarni, Cham ou Daumier. La justice n'a plus de secrets pour lui : il a pénétré le mystère de ses drames et de ses comédies. On est

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aussi certain de trouver un jug-e, un gendarme et un procureur dans ses tableaux, qu'un moine, un curé et un sacristain dans un cadre de José Frappa. Ce sont choses dont on est sûr, môme avant l'ouverture du Salon.

Cette année, le tableau de Yl. Salzédo est intitulé le Témoin, et, comme toujours, il a un caractère saisissant de précision, d'exactitude et de vérité.

La scène se passe en coui* d'assises. C'est le moment de la prestation du serment.

« Vous j urez de parler sans haine et sans crainte ; de dire toute la vérité ; rien que la vérité ?

— Je le jure ! »

Tout cela est bien vu et bien rendu. — Le témoin — une femme du Midi, avec soncapuletsur la tête ; le président, le greffier, les conseillers, messieurs les jurés, tout est saisi sur le vif, par un oeil qui voit juste — rendu avec puissance et sincérité.

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