UN COUP DE VENT
ous ce titre, très justifié, Un coup de vent, M. BissoN a fait im des tableaux les plus féminins, et, par conséquent, les plus aimaljles du Salon.
C'est une toile hunoiistii^ue ; mais qui a la gaieté comme il faut, et qui ne tombe point dans la charg'C. Elle vous fait sourire, à la différence de Paul de Kock et de Biard qui vous faisaient rire. Ni Biard, ni Paul de Kociv n'ont jamais eu cette éléf^'anco et cette distinction.
Nous sommes au bord de la mer, sous un ciel d'automne, bas, sombre et g-ris. Je vous annonce un g-rain, peut-être une bourrasque. Le vent
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îïoiiflle en foudre, et n'ayant point de cliene àbriser, il s'évei'tue à tourmenter deux jeunes et jolies créatures qui ont eu le tort de s'aventurer, seules et sans protecteurs, en temps inopportun, sur le rivage inliospitalier. Le cruel les fouette sans pitié; il colle leurs vêtements sur leur corps, aux formes adolescentes et un peu grêles, comme ces draperies désignées par la statuaire" sous l'expression qui fait image de plis mouillés.
Il a enlevé le chapeau d'une des jolies promeneuses, et tandis qu'il éparpille, en se jouant, la belle chevelure flottante, elle, rieuse et folâtre, court après la coiffure rebelle, emportée toujours pins loin, et toujours dérobée à la main qui s'avance pour la saisir.
C'est là un très aimable tableau de genre : il a sa place marquée entre les succès du Salon.
VEYllASSxVT
L'ESCORTE DU CAID
EYUASSAT a-t-il fait un l'ôvc ou nn Yoyag'e? Arrive-t-il du pays où le soleil so lève, 011 peignaient Delacroix, Deeamps et Marilhat? La musc de la peinture lui a-t-elle montré en songe le pinceau encore humide des ])lus brillantes et des plus harmonieuses couleurs, tombé des mains mourantes d'Eugène Fromentin, et dont personne ne s'est encore emparé? C'est ce fpie lui seul pourrait dire.
Tout ce cpie nous savons, nous autres, historiens de l'art à cette fin du xix' siècle, c'est que l'exposition de 18S3 nous montre miVeyrassat nouveau, complètement ini'dit, et dans lequel ne se recon-
naîtrait point oelui dont ces quinze ou ving-t derniers Salons firent passer les œuvres sous nos yeux.
Le Veyrassat d'autrefois avait une spécialité, à laquelle il a dû de nombreux succès, et qui s'était si bien identifiée avec lui que beaucoup de gens l'auraient cru volontiers incapable de la quitter pour en adopter une autre.
Le cheval de trait, la lourde bête fortement râblée, à la croupe luisante et lourde, aux pâturons engorgés, attelée aux énormes chalands, et traînant péniblement sa charge et sa vie le long des chemins de halage de la Seine, voilà ce qu'il aimait jadis à nous montrer. Aujourd'hui, son pinceau léger, brillant, alerte et vif, caresse les formes allongées, les jambes maigres et nerveuses, et la tête intelligente et fine des buveurs d'air, montés par les cheicks et les caïds.. T'aime mieux cela.
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