LEROY SAINT-AUBERT
Un soir d'Octobre
int-Aubert, que je n'ai pas l'honneur de connaître, me semble marcher à grands pas sur les traces de Jean Béraud. Il a raison, car cette route-là conduit au succès.
Le tableau que reproduit ici notre Paris-Salon est une peinture bien parisienne, et celui qui l'a signé peut se vanter de connaître nos aimables contemporaines de l'an de grâce 1891.
Par un beau soir d'automne, quand l'atmosphère clémente ne connaît pas encore les rigueurs de l'hiver qui va venir, et que les Parisiennes, amies du plein air, veulent jouir des dernières heures tièdes que leur accorde le ciel
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indulgent, qui ne se rappelle l'animation joyeuse des boulevards, des Champs-Elysées, et des jardinspublics, jouant leur reste avant la fermeture officielle ?
H y a dans le tableau de M. Saint-Aubert une verve, un brio, une animation, et, si j'ose dire, une intensité de vie parisienne, qui nous prouve que l'auteur est tout à fait dans le mouvement fin de siècle que le public recherche aujourd'hui dans la peinture, aussi bien que dans la musique ou dans les lettres.
M. Saint-Aubert a compris qu'il faut être de son temps, et il en est. Ces jeunes hommes sont bien ceux que nous coudoyons tous les jours de la vie sur l'asphalte des trottoirs, ou dans les foyers de théâtre, et les belles de nuit qui rôdent comme des phalènes autour des tables, où les gommeux prennent leur grog, sont frappées au millésime du dernier recensement qui leur donne une date authentique.
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