‹ Paris-salon (volume 2)Chapitre 19 sur 33 · PUVIS DE CHAVANNES · texte numérisé non relu

PUVIS DE CHAVANNES

La Poterie et la Céramique

)out a été dit sur M. Puvis de Chavannes, qui est entré tout vivant dans la gloire sereine, et la pure lumière d'apothéose réservées aux morts illustres, mais que, d'ordinaire, ne connaissent point ceux qui sont restés comme lui en deçà des sombres bords.

Peu d'hommes se préoccupent moins que celui-ci des idées du siècle et du mouvement artistique contemporain. C'est là une raison de sa force.

Tout jeune encore, il a été emporté par une envolée superbe vers l'idéal ; il s'y est trouvé bien, et il y est resté comme dans la patrie de ses rêves. Il lui a fallu pour cela cette fermeté d'âme, cette persévérance dans l'effort, et ce dédain superbe du succès d'un jour, exclusif apanage de

ceux-là seulement à qui leur conscience rend ce témoignage qu'il ont raison contre tous; que la vérité les éclaire, et que la voie dure à leurs premiers pas, dans laquelle ils marchent si bravement, finira par devenir une voie triomphale.

C'est là précisément ce qui arrive à M. Puvis de Chavannes, dont les premières œuvres, si différentes de ce que nous voyons partout, causèrent d'abord une sorte d'étonnement, chez quelques-uns voisins de la défiance.. Aujourd'hui, on les acclame ! et le jour viendra où l'on organisera des pèlerinages pour aller voir dans les musées et dans les palais dont elles seront l'honneur, à Lyon, comme à Marseille, chez les Normands comme chez les Picards, ses compositions magnifiques.

En ce moment, c'est Rouen qui obtient les faveurs du maître. Il célébrait l'an passé, dans un vaste panneau décoratif ses Arts et son Agriculture ; il symbolise aujourd'hui, par deux figures d'une grâce exquise et d'une élégance toute classique, la Poterie et la Céramique — qui sèment de leurs merveilles le vieux sol de la Neustrie.

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