COURTOIS
portrait de M me Gauthereau
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3URT0IS a un grand sentiment de la beauté féminine. C'est d'elle qu'il s'inspire dans presque toutes ses créations. Il en cherche, à travers le monde, les types variés et divers, et il les reproduit d'un pinceau magistral, toujours sûr de lui.
Qui ne [se rappelle la grâce exquise de cette jeune Bayadère, sœur des péris sacrées, dont la danse aérienne et légère effleure les eaux du Gange, sans jamais mouiller la plante de leurs pieds divins ? Quel charme dans toute la personne ! Quelle souplesse dans tous les mouvements! Quelle séduction dans ces yeux brillants, vraies fleurs noires, entr'ouvertes sous le front pâle...
Et, plus tard, quelle charmante et poétique image de l'abandon dans la tendresse et de l'innocence dans l'Amour, quand il peignait VAttalQ de Chateaubriand, cette sœur
de Virginie, née comme elle de l'autre côté des flots de l'Atlantique, et qui nous apportait comme un parfum des savanes et des déserts du Nouveau-Monde ?
Ce n'était là, pour M. Courtois, que des études et des exercices. Il pelotait en attendant partie, et, dans cet effort de chaque jour, pour nous rendre, comme il les voyait — et et plus encore comme ils les sentait — l'élégance, le charme et la grâce de la femme, il acquérait cette maîtrise qui a fait de lui un des premiers portraitistes de notre époque, et qui vient de dire son dernier mot avec celle que l'on appelle tout naturellement la belle Madame Gauthereau.
Bien que le modèle soit une femme du monde, la critique se sent fort à l'aise pour en parler, parce que le suffrage universel... des salons, Ta mise au rang de ces professionnal beauties, comme on dit en Angleterre, qui appartiennent à la Chronique et à l'Art, comme les têtes couronnées appartiennent à l'Histoire. On dit que les Primitifs se mettaient à genoux pour peindre la Vierge. Courtois a dû éprouver la tentation de les imiter devant ce profil de médaille, ce col royal, aux nobles attaches, cette poitrine de Déesse, et ces épaules que Praxitèle eût pétries dans le plus fin Paros...
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