BEAUMETZ
jamais il n'était arrivé à l'intensité d'expression qui frappent tous les visiteurs de l'exposition du Salon de 1882.
Nous sommes à Metz, et ce siège sans gloire touche à sa fin; une capitulation que l'histoire a flétrie va livrer à l'ennemi la dernière des armées de la France. Le maréchal Bazaine envoie au général Lapasset l'ordre de déposer ses drapeaux à l'arsenal pour y être brûlés. Mais tout est à craindre avec un Bazaine, et le général se dit que le chef — traître ou lâche — qui rend une armée sans combat peut aussi rendre ses étendards, et la noble indignation du vieux soldat lui dicte cette fière réponse :
« Ma brigade ne livre ses drapeaux à personne et ne laisse à personne le soin de les brûler!!! »
Et devant ses troupes réunies il fait brûler luimême les trois couleurs, qui conduisirent tant de ibis nos troupes à la victoire, et auxquelles il sauve ainsi la honte d'aller pavoiser les arsenaux de Bjrlin.
La scène est belle, dramatique au premier chef, et M. Beaumetz l'a rendue dans sa grandeur tragique et son émotion douloureuse.