ENVIRONS DE LONDRES
e fusain si facile et si souple de Maxime Lalanne, que son rendu tout à la fois si fin et si puissant met à même de lutter contre les plus habiles pinceaux, doit se sentir à l'aise, et comme chez lui, dans cette jolie campagne anglaise où la végétation est si opulente, la verdure des prairies si intense, l'eau des lacs et des rivières si transparente, la culture si intelligente et si savante, que tout semble s'y arranger à souhait pour le plaisir des yeux. Que de fois, en parcourant ces jolis paysages, M. Maxime
LALANNB
Lalanne se trouvant, pour ainsi parler, en face d'un tableau tout fait, n'a eu que la peine — ou, pour mieux parler, que le plaisir — de le transporter de la nature dans son cadre !
Les Environs de Londres, par exemple, aussitôt que l'on a pu échapper à la banlieue, dévorée par le travail des usines et des manufactures, assombrie par la fumée et la vapeur de ces millions de hautes cheminées dont les panaches, rabattus par le vent, retombent sur la terre et l'enveloppent comme un voile, les environs de Londres, disions-nous, qu'on les prenne au nord ou au sud, au couchant ou au levant, vous donnent l'illusion d'un grand parc arrangé autour de l'aristocratique manoir de quelque lord une douzaine de fois millionnaire.
M. Maxime Lalanne est trop paysagiste dans l'âme pour avoir pu résister à tant de beautés, et il les a reproduites dans sa composition largement ordonnée, pleine de lumière, où les arbres se massent en beaux groupes, où l'eau, limpide jusqu'à sembler lumineuse, promène partout la fraîcheur, où les tours superbes, dominant la campagne de leur masse imposante, semblent s'élever entre le ciel et la terre comme les jalons de l'espace.
LECOMTE DU NOUY