‹ Paris-Salon (volume 3)Chapitre 44 sur 59 · HOMÈRE · texte numérisé non relu

HOMÈRE

^ecomte du NOUY est un curieux et un chercheur. C'est aussi un homme ins- || truit, un fin lettré et un passionné d'érudition : il a l'horreur du sujet banal qui se trouve à la portée de tout le monde; c'est aux sources élevées et pures, que le vulgaire ne trouble point, qu'il aime à puiser ses inspirations. Le tableau qu'il intitule Homère appartient a cette catégorie d'œuvres distinguées que nous sommes toujours heureux de signaler et de reproduire.

LKCOMTE DU NOUY

Le vieil aède, dans une demi-nudité, plus héroïque peut-être que vraisemblable, vu son grand âge, les tempes ceintes de la bandelette sacrée d'Apollon et des Muses, est assis sous un portique ionien; l'enfant qui conduit les pas incertains de l'illustre aveugle dort sur sa poitrine, et, devant les yeux éteints du chantre aimé de Jupiter, qui n'aperçoit plus les réalités de ce monde, passent les visions sublimes des dieux et des héros qu'il a chantés, la sage Minerve, patronne de cet Ulysse qui fut peut-être sa création la plus originale et lapins profonde; la Discorde, sœur de la Guerre, et tous ces rois dont les folles passions firent le malheur de tant d'hommes. On devine chez M. Lecomte du Nouy cette vue supérieure des choses à laquelle se reconnaissent les véritables artistes et qui établit entre certains esprits quelque chose comme une affinité de race, et cette fraternité intellectuelle qui est la pjus précieuse de toutes et la plus vraie. On emporte de cette œuvre une impression de réelle et sérieuse grandeur.

«ttttttttttttttttttt

LESREL

Page 1