DES FORTIFICATIONS DE LA VILLE ET DU CHATEAU DE BELFORT
g^riCvf^ggfONY ROBERT-FLEURY a le sentiment du grand art; il l'a trouvé dans son berceau, et il ne fait, en s'y livrant, que continuer la tradition paternelle.
On se rappelle encore cette œuvre d'une réelle valeur qui fut presque son tableau de début, la Prise de Corinlhe par des légions de Mummius, qui s'imposa à l'attention de la critique, et qui fit entrer de vive force le nom du jeune maître dans l'oreille et dans l'esprit du public.
C'est encore un morceau de peinture historique
TONY ROBEUI-FLEUHY
qu'il nous offre aujourd'hui sous ce titre auquel des événements tout à la fois pénibles et récents ajoutent un mérite d'incontestable actualité : Vauban donne le plan des fortifications de la ville et du château de Belfort. La chose, prise en ellemême, n'a rien d'absolument passionnant, et le sujet n'est pas de ceux qui menacent d'occasionner une révolte ou simplement un tumulte dans le Salon carré le jour du vernissage.
Vauban, cet homme de génie, et ce grand homme de bien, nous a été restitué par le jeune artiste dans sa haute et puissante individualité. La main appuyée sur ces plans, désormais fameux, il semble en expliquer l'économie à un petit groupe d'officiers généraux qui l'écoutent. On reconnaît le chef à sa hautaine assurance, et à cet air de commandement devant lequel chacun s'incline. Tout cela est crânement posé, et empreint d'une grandeur et d'une dignité vraiment Louis-quatorziennes.