‹ Paris-Salon (volume 4)Chapitre 13 sur 45 · LE MATIN DE LA NOCE · texte numérisé non relu

LE MATIN DE LA NOCE

0SLEI5, qiii, si je uc me trompe, est im étranger, me fait l'effet de mar(;lier (.ruii pas rapide à Ja conquête de ses ettres de grande natm'alisation. Ils les mérite déjà par son talent, ses succès, et sou amour pour les sujets français. La France lui est devenue comme une seconde patrie : c'est sa terre de choix, do préférence et d'adoption; ce sont les scènes de notre vie populaire qu'il aime à reproduire, et qui, d'ailleurs, inspirent fort heureusement ses pinceaux. J'ai encore dans la pensée et sous les yeux son adorable Fileuse, du dernier Salon, page

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exquise daus sa grâce et sa simplicité, et que nous fûmes particulièrement heureux de reproduire.

Il u'y avait là qu'une seule figure; mais l'artiste eu avait su faire uu petit poème.

Je préfère, cependant, le tableau que M. Mosler expose cette année sous ce titre : le Matin de la Noce. C'est une scène complète, aux nombreux personnages, très habilement groupés, faisant bien ce qu'ils font, et surtout formant tableau. Il y a là une science de composition tout à fait remarquable.

Nous sommes en Bretagne, dans le Finistère, si je ne suis trompé par ma mémoire. Je reconnais les costumes pittoresques tout récemment admirés entre Quimper et Concarneau. Il y a là de bien aimables tètes de jeunes filles, et je ne plains pas les gars bretons. La maiiée est vraiment séduisante dans ses beaux atours. La candeur brille sur son front pur, et l'innocence sourit dans ses beaux yeux. On parle de l'entôtement des Bretons : je ne le conteste i)as. ^hlis j'ai vu sur bien peu de visages de femmes plus de grâce pudicpie et plus de charme houncte que chez les Bretonnes.

C'est là ce que M. Moslcr a su rendre avec autant d'habileté que de bonheur.

Le marié, qui s'avance, raide dans son col empesé, le chapeau fleuri, la veste brodée, la main appuyée sur son bâton noueux, a bien la tenue et l'allure d'un coq de village, et, depuis le joueur de biniou jusqu'au vieillard en veste blanche, qui salue en courbant l'échiné, tous les personnages accessoires concourent merveilleusement à l'action générale. Ceci est une belle et bonne œuvre.

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