‹ Paris-Salon (volume 4)Chapitre 14 sur 45 · COUP DE VENT SUR LA MANCHE · texte numérisé non relu

COUP DE VENT SUR LA MANCHE

i:x que ]\r . Barillot marche à la g-loire

.sur lui cliar ti'aîué pav des bd^afs — ('( )iiime autre fois les rois méroviun-ieiis-

Quatre bœufs attelés, d'uu pas traucjuille et leut, l'romeuaieut clans Paris le raouariiue iudoleut;

— il u Cil est pas moins sûr d'arriver à son but, cnr il ])oursuit sa route sans se laisser jauiais ni arrôtcr ni détourner. Pour nous, (jui le suivons d'étape <mi étape depuis d'assez longues années déjà, nous sommes vraiuuuit surpris i\k'<~ proi^-rés notables qu'il a faits.

Classé aujourd'hui ]iarnii nos premiers peintres

cranimaux, ^I. I3ai'illot, à une époque où la spécialité ti-iomphe, a compris qu'il fallait faire un choix, et il s'est consacré presque exclusivement à la reproduction des différents types de cette puissante race bovine, nourricière de l'homme, à qui elle donne sa chair et son lait. Depuis quelques années la Normandie l'attire : elle le prend et le garde, et s'il la quitte un jour, c'est pour y revenir le lendemain. Nos belles vaches cotentines n'ont pas d'adepte plus fervent. Il s'est fait leur peintre ordinaire, et ni Cabanel, ni Donnât ne montrent plus d'égards aux mondaines délicates qui viennent poser devant leur chevalet.

L'animalier chez M. Barillot se double aujourd'hui d'un paysagiste, en qui le sentiment de la nature se développe de jour en jour. A force de vivre dans les champs, et avec les bonnes créatures de Dieu qui les habitent, il s'est élevé jusqu'aux lois d'harmonie qui, sans doute, ne se dévoilent pointa tous les yeux, mais qui n'en existent pas moins réellement, et qui déterminent les rapports, en quelque sorte nécessaires, existant entre telle ou telle région et les animaux qu'elle produit et qu'elle nourrit.

BARll-LOT

Ce n'est pas lui qui placera jamais les petits échantillons du hlack-callle des Côtes-du-Xord, du Finistère ou du Morbihan dans les gras pâturages des environs de Carentan ou d'Isig-ny ; ou les grandes laitières de Saint-Côme et de Sainte - Marie, dans les fonds maigres de Quimper, de Kériolet ou de Concarneau !

La l)elle page que nous reproduisons ici : Coup de vent sur la Manehe, est grandiose et magistrale. Les arbres se tordent sous le coup de fouet de l'aquilon. On entend leurs craquements sinistres. — Les herijes folles se couchent sur le sol battu, et les bœufs, qui ne C(^ni])rennent pas, regardent vaguement quehpie part, placides, calmes et résignés, attendant la lin de la tourmente.

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