LOUIS IX CONSOLE UN LÉPREUX
E me serais étonné de ne point rencontrer M. Albert Maigxan dans les galeries duSALON Triennal. D'avance, j'y aurais marqué sa place. C'est qu'en effet l'on est certain de retrouver, dans toutes les manifestations artistiques, ce peintre vaillant, ce travailleur infatigable, très jeune encore, mais qui a derrière lui un tel actif d'œuvres accomplies, qu'on lui donnerait volontiers le double de son âo-e.
L'on me surprendrait fort si l'on me disait que M. Albert Maignan n'a pas constamment devant
les yeux comme un objectif immuable, le but
qu'il vent atteindre — et qu'il atteindra. C'est qu'en elïet il niarclie constannnent vers lui, sans repos comme sans défaillance.
M. Albert Maig-nan pourrait, tout comme un autre, obéir à la fantaisie et au caprice. L'imag-ination ne lui mancjue pas, et sa main est assez souple et assez habile pour traduire toutes les créations de son esprit.
Il l'a prouvé plus d'une fois.
Aujourd'hui l'artiste nous emmène en Orient, à la suite de Louis IX, — ce g-rand saint qui fut un g-rand roi; — c'est \ui voyage que voudront faire avec lui tous les visiteurs du Salon.
Libre de })rendre entre tous les épisodes de cette glorieuse vie celui qu'il aimerait davantage, M. Albert Maig-nan n"a certes pas choisi le moins touchant. Il n(jus montre le héros Consolant nu h'-preux, — le soignant, le pansant de ses mains royales, avec la douce jiitié et la sublime tendresse d'une charité divine. C'est une belle page de la Moi'nlc en ({clion, écrite avec une simplicité pleine de grandeur. M. Maiguan est bien dans sa voie. Qu'il y marche courageusement, et il trouvera au bout le succès éclatant.
IIIPPOLYÏE LAZEllGES