LA FILEUSE KABYLE
N ne reprochera poiut à M. Hippoljte Lazerg-es de n'avoir pas su prendre un parti. Voyant toutes les avenues de l'art français de plus en plus obstruées, le paysage envahi par une véritable colonie d'émig'rants qui plante sa tente partout où se rencontre un site qui lui semble digne d'inspirer ses pinceaux; l'histoire, livrée à tous ceux qui visent l'Institut; le genre, dévoré dans sa fleur i)ar une nuée de débutants novices, qui s'abattent sur lui comme les sauterelles du désert sur le blé en herbe, il a quitté la France pour l'Afrique, et plantant hardiment sa tente, non loin d'x\lger, dans un verdoyant repli de la colline de Mustapha, il s'est retrempé à des sources nouvelles, et il en est
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soi'ti im autre homme — plus jeune, jilus fort et plus fécond. Celui à qui nous devions des Vierges immaculées et des Christs vraiment pathétiques, a lutté corps à corps avec la réahté parfois violente du monde africain, qu'il a su rendre souvent avec une rare énerg-ie, toujours avec une vérité saisissante.
11 est vrai que, pour faire de telles études, il n'aurait pu choisir une meilleure place.
Alg-er est le centre de la population cosmopolite la ])lus intéressante, la i)lus variée, la plus diverse et la plus pittoresque qui se puisse imaginer, l'our ne parler (|ue des tvjies orientaux, l'artiste peut choisir entre les Bél)ères deseôtes, les Kabyles (le la montagne, les Arabes des grandes tentes, les Marocains de passage, les Maures retour d'Espagne, les Nègres (pii viennent d'au-delà du désert, et les Juifs, plus curieux })eut-ètre ici (pie partout ailleurs.
Tous ces types, M. Lazerges les a fait défiler devant nous, en leur laissant un cacLet saisissant (le vérité (]ue l'on peut recoinniître dansla fenune kabyle (pie nous rejtroduisons aujourd'hui. Tout est là, le type, le costuiu:», — et l'àiue '
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