LA DÉROUTE DE CHOLET
ILES Girard i:t aime les faits de g'uerre: il sait faire manœuvrer des masses criiommes, et il se sent à l'aise au milieu des foules armées et tumultueuses. DejMiis quelques années déjà, il se voue à rillustratiou de ces terribles guerres de Vendée, ([ueNa])()léon avait appelées des (jucrrcs de fjéanls, et (pii mettaient en présence deux civilisations et (1(M)\ uiondes — la France monai-cliicjue et religieuse, s'agitant au nn'licu de ses convulsions suprêmes, — la vieille l'rance, avec ses gi'audcs traditions et ses glorieux souvenirs — et la France nouvelle, avec ses asjiirations encore mal déiinies, sa soil
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ardente de liberté, et sa haine — trop souvent aveug'le — contre un i)assé où elle n'était point.
La Déroute de Cholet de M. Jules Girardet est un bon morceau de peinture, d'une grande allure et d'un fier mouvement. Cette masse de Chouans, qui se précipite dans le large espace ouvert devant elle, poursuivie par les Bleus, qui lui iui;tt(>iit la baïonnette auv reiu'^. e^;t bi(Mi emportée par la panique folle qui s'empare trop souvent des armées défaites .
Cette tourbe vaincue ne sait plus où elle va, ni ce qu'elle veut. Remarquez le galop furieux des deux chevaux attelés à la charrette qui occupe le devant du tableau : le blanc, hors la main, qui s'enlève des quatre pieds à la fois, et l'alezan, sous le fouet, qui semble labourer la terre de ses naseaux. On dirait deux chevaux d'Apocalypse ! Çà et là quelques beaux types de Bretons, énergiques et finSj comme dans la nature. Dans la charrette, une fille charmante, belle de traits et d'expression — qui se retourne pour regarder si l'ennemi s'approche. On voudrait pouvoir rassurer cette belle enfant !