‹ Paris-Salon (volume 4)Chapitre 29 sur 45 · LA CONVALESCENCE · texte numérisé non relu

LA CONVALESCENCE

MILE Lkvy a fait, en ces dernières g) années, un cliemin sing-ulièrement rapide dans la faveur du public. On peut attribuer ce succès à une double cause : à sdu talent, d'alxjrd, — car sans talent il n'y a point de succès réel et durable ; — puis au choix heureux de ses sujets, toujours syinpathi({ues. L'artiste bien inspiré prend depuis quelque temps pour thème des variations qu'il fait exécuter à son pinceau, tout à la fois habile et délicat, ce fpi'il y a de plus charniant en ce bas mond(\ la jeune fcunne, pure, honnête, brillante comme une belle fleur, suave comme un beau fruit, <pie l'on voudrait emporter dans sa maison, dont on ferait

la divinité chère et sacrée de son foyer... et que l'on adorerait à genoux'.

Pour les peindre, ces créatures exquises et rares, M. Emile Lévy a trouvé une exécution très précise, très voulue et très ferme, (pii ne nuit en rien d'ailleurs, à la noblesse de sa composition, à la purcfé de ses lignes, et à la beauté idéale de l'expression qu'il sait donner à ses physionomies.

Le Paris-Salon a eu jadis la bonne fortune d'offrir à ses lecteurs sous ce titre : la Jeune mcrc, un de ces aimables tableaux que Ton voudrait avoir toujours sous les yeux.

C'est une sœur de celle-là que nous présentons aujourd'hui à nos lecteurs. Le tableau a pour titre : la Conualenœncc. Mélancolique, et pâle encore du mal qu'elle a souffert, heureuse pourtant du retour de la vie qui lui revient, mollement abandonnée sur sa chaise longue, la bouche entr'ouverte })ar un sourire qui ne s'achève pas, l'œil perdu dans le vague, la convalescente d'Emile Lévy nous attire et nous captive par sa molle et séduisante langueur. On l'adore... en attendant qu'il soit permis de l'aimer.

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