LA PILEUSE
"un des mérites des expositions, c'est de nous présenter plusieurs ibis le ij nicnie sujet, traité de diverses manières [lar différents artistes. Il y a là un texte fécond et précieux de comparaisons, qne le public fait (pielqueibis, et la critique toujours.
Nous avons déjà reproduit une h^ilciisr, de M. lIii'i'(.LVTE La'/I'KoI'S. Celle-ci est une Kabyle, que l'artiste a trouvée dans les environs d'Al^ij;'er — elle est mystérieuse et soudure comme cet Orient silencieux dunl elle vient.
Tout au contraire, la h'ih'iisr i\c M. 1 jii;iiMiTTi!; ap])artient à nos races du Nord, épanouies et plaiifin-euses. l';iev<''e dans la pleim^ liberté (pie
I, iiKHMiTTr.
nous savons douner à nos femmes, à nos sœurs et à nos filles, elle ne cherche point, sons l'obsession (l'un mari jaloux, à nous dérober les trésors de son opulente beauté. Robuste, vaillante, la physionomie ouverte, la bouche prête au franc rire, elle travaille, la tête, les épaules et les bras nus.
Il y a dans ces deux femmes, faisant la même chose, mais la faisant d'une foçon si opposée, le contraste, non seulement de deux races, mais de deux civilisations, séparées par un infranchissable abîme, et dont le spectacle offre à l'observateur le sujet d'une étude vraiment intéressante.
La Filcusc est la première œuvre de M. Lhermitte que reproduit le Paris-Salon. Nous espérons bien que ce ne sera point la dernière. M. Lhermitte connaît mieux que personne et sait rendre avec une sincérité intelligente et une vérité poétique toutes les scènes de cette vie rustique, pour laquelle le public qui s'occupe d'art montre aujourd'hui une prédilection marquée. La Mois>iO)i, qui fig'urait au dernier Salon, et la Pcvje des Moissonneurs, souvenir de l'Exposition de 1882, sont des morceaux d'une belle et large facture, juste orgueil des collections qui les possèdent.