SAUTAI
FRA AN GELICO
E côiiipi'onds qu'un jjeiiitrc s\'[)rL'nnc (le kl belle et noble lig-ure de ce moine si profondément artiste (|ui s'appelle /'/■(/. Ijt'ah) Anqelico da Ficsolc. Je n'en connais g-uère qui soient ])lus synipatlii(pies que celle-ci. Religieux lervent et peintre inspiré, sa vie tout entière fut consacrée à ses deux seules amours : Dieu et son ait.
La mère de Jésus était ))()ur lui l'oltji't d'un culte si exalté, si ardent et si pieux i|ii"il ne la p(Mg'nait jamais (pi'ii g'enoux'. Aussi nous a-t-il laissé d'elle desimag'es un peu mvstii pies sans dduti», mais de rid(''alité la jiliis siiavcv il est le piMiitre attitré
(les Mu:l()iies, dos jeunes saintes, des anges et des belles martyres — et personne n'excelle au môme degré que lui à leur donner des visages divins et des physionomies célestes.
M. Sautai a donc payé la dette de la peinture envers celui qui l'on avait si bien nommé l'Ang-e de Fiesole, en le ])rcnant pour sujet d'un tableau conçu dans un sentiment que Fra Beato Angelico lui-même n'aurait pas désavoué.
Nous sommes dans le cloître du couvent où s'écoula la vie paisible du saint homme. Il peint, à l'ombre des arceaux sacrés. Un de ses frères, la crosse dans la main droite, le livre des évangiles sur le bras gauche, pose devant lui, avec une simplicité, une dignité, une conscience, que l'on pourrait souhaitera plus d'un modèle de profession. Debout, un peu en arrière, un autre moine regarde, plein de curiosité, d'attention, et en môme temps de respect. Quant au peintre, il est drapé avec une fière élégance dans la robe blanche et le manteau noir des Dominicains, et sa tète, à la fois ascétique et ardente, est belle de lignes, plus belle encore d'intelligence et d'inspiration .
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