‹ Paris-Salon (volume 4)Chapitre 38 sur 45 · SAINTE CÉCILE · texte numérisé non relu

SAINTE CÉCILE

I, comme quelques-uns l'affirment, sainte Cécile est la patronne des musiciens, il faut convenir qu'elle doit bien sa])rotectionàM. Guillaume Dubufk, dont la plus grande pag-e a été consacrée à la glorification de la musique sacrée et ])rofane. Il y avait là un effort coDsidérable, et dont il n'était que juste de savoir gré à un lionnnc aussi jeune. Mais l'artiste qui trouvait un nom célèbre dans son berceau et dont les débuis avaient été accueillis avec une faveur et une sym]iat]iie «[ue tant d'autres mettent souvent de longues anui'es à conijuérir, \(iulut j)ayer galamment sa dette à la l'or! une, et il aciMimjilit, sans

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hésitation et sans défaillance, une œuvre bien conçue et dont les immenses proportions n'étonnèrent point son courage.

J'aime encore mieux, cependant, M. Guillaume Dubufe, dans des peintures de in^zzo caratterc, comme celle qu'il expose aujourd'hui, la Sainte Cécile, que le regard peut embrasser tout entière et que l'on voit en môme temps dans toutes ses parties.

Ou je me trompe fort, ou M. Guillaume Dubufe a éprouvé plus d'une fois des émotions heureuses pendant qu'il concevait et qu'il enfantait cette oeuvre aimable, dans laquelle je retrouve toutes les qualités de son auteur.

La céleste patronne de la musique est assise sur une sorte de trône auquel son gigantesque dossier formant dais donne je ne sais quel caractère hiératique. Cette fille de bonne maison a des élégances et une distinction toutes patriciennes, et l'on ne s'étonne point qu'un jeune ange soit descendu du ciel pour lui présenter le livre de musique dans lequel se trouve le thème heureux sur lequel l'artiste inspirée exécute ses variations.

GUII.I.AUME nuBUFr;

La tonalité générale du tableau est d'une harmonie très délicate. Cécile est vêtue d'une tunique gris de lin, agrémentée de roug-e,; mais avec discrétion et sobriété. Rien de plus joli, comme mo lèle et comme expression que cette tète nue, jeune et pure, dont l'auréole des saintes couronne déjà la belle chevelure brune. L'extase entr'ouvre ses lèvres chastes, tandis que le regard semble se perdre et se noyer dans les visions d'un monde meilleur.

Antique par l'arrangement et par la forme, moderne par l'expression et le sentiment, la sainte Cécile de Guillaume Dubufe est un de ses meilleurs tableaux. Ainsi se rajeunit glorieusement le vieux tronc de cette race d'aiiistcs, dont trois générations n'ont pas épuisé la sève, et dont la dernière fleur sera peut-être la plus brillante.

BEIINE-BELLEGOUR

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