‹ Paris-Salon (volume 4)Chapitre 39 sur 45 · LE PRISONNIER · texte numérisé non relu

LE PRISONNIER

ai ne connaît Berne-Bellecour, cet aimable et joyeux compagnon, à l'œil vif, au franc rire, une des physionomies les plus sympathiques de notre monde parisien, joli conteur, causeur plein de verve et d'entrain, observateur sagace et fin, et de l'esprit jusqu'au bout des ongles ! Avec cela, très habile ; de la patte comme personne, et sachant son métier sur le bout du doigt.

Le monde de l'art s'ouvrait très laro-e devant lui, et, avec les dons précieux qu'il a reçus du ciel, le genre qu'il aurait choisi aurait paru à tout le

BERNE-BELLECOUn

monde — et peut-être à lui-même — celui pour lequel il était né.

Mais il s'est senti attiré par le galon, le pompon, les étoiles, les épaulettes, le sabre et la sabre tache, l'épée et le fourreau, le képi, le shako et le bonnet de police — attiré invinciblement. Du jour où il est entré dans une caserne, il n'en est plus ressorti. C'est un volontaire qui renouvelle son engagement depuis vingt ans ; aussi a t-il la manche chevronnée comme un vieux grognard.

On ferait un l)el album — je me trompe, un beau livre — avec toutes les scènes de la vie militaire illustrées par ce pinceau alerte et infatigable.

Le tableau que reproduit aujourd'hui notre Pari.s-S.\lon, et qui s'appelle 1c Prisonnier, se recommande par cet heureux eusemble de qualités ([ui a fait la fortune des œuvres de M. Berne- Bellecour. L'action est trcs nettement indiquée, les types sont fortement accusés — voyez le Prussien ! — et l'exécution enlevée avec uu(> verve et un brio surprenants. C'est du l^M-ue-Hellecour ])ris di'ri'icrc les fagots.

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