MOREAU DE TOURS
L'EXTATIQUE AU XVIIh SIÈCLE
K reconnais chez M. Moreau de Tours un mérite auquel le public se montre généralement fort sensible.
Je veux parler du choix heureux de ses sujets, qui sont toujours fort intéressants. Il pourrait, comme tant d'autres, se contenter d'exécuter le morceau. Sa virtuosité est assez remarquable pour que cela seul suffise à lui assurer un réel succès. Mais il ne s'en tient pas là, et ses tableaux disent toujours quelque chose. J'njoute qu'ils le disent fort bien.
La grande page que nous offrons aujourd'hui à nos lecteurs les impressionnera vivement. Elle a pour titre : l'Extatique an xviip siècle.
Ou sait que ce fameux xyiii^ siècle, qui inveuta — et s'en vanta — le doute philosophique, croyait au diable un peu plus qu'au bon Dieu. Il rejetait la révélation, mais il étudiait les sciences occultes avec une sorte de passion. C'est l'époque des Convuîsionnaires, qui passionnèrent un moment Paris tout entier ; c'est le règne des Extatiques et des Illuminés.
Ce genre de névrose, que nous n'avons point à étudier ici scientifiquement, a fourni à M. Moreau de Tours le sujet d'un tableau qui sera, nous n'en doutons pas, un des succès du Salon Trii'Nnal.
Une belle jeune femme, étendue sur une croix, les mains percées de clous, la tète renversée, et roulant dans sa chevelure brune, opulente et dénouée, laisse voir sur ses traits purs l'expression de la béatitude la plus parfaite. Ou la croirait dans les bras de l'Amour sur unlit (le roses. Autour d'elle, l'examinant, attentifs, surpris, ou charmés, une douzaine d'iiommos aux ])hysionomiesintelligentes et spirituelles. Tout cela très enlevé — liabileinent peint, d'un iiinceau facile et brillant : ï KxtaluiiW est une (les meilleures duivres de M. ^^()^eau de Tours — - (^t ce n'est ])as ])eu dii-e '