‹ Paris-Salon (volume 5)Chapitre 33 sur 55 · LA JACQUERIE · texte numérisé non relu

LA JACQUERIE

i-ocHEGRossE aime les foules en délire. Tous les goûts sont dans la nature, et je ne discute pas celui-ci, bien que je ne le partage point. Il plaît à cet artiste, qui ne manque pas de puissance, d'allumer les passions populaires, — en peinture, entendons-nous bien! —et de déchaîner la canaille, — au moins dans ses tableaux. Qui ne se rappelle la grande page, très remarquée d'ailleurs, à l'un de nos derniers Salons, qui nous montrait la plèbe romaine se ruant avec la férocité de tout ce qui est vil et bas, sur Vitellius désarmé. C'est si bon de mettre un empereur déchu — surtout quand il est gras, — sous la dent des tigres démocratiques, et sous la griffe des lions de faubourg! Il y avait là des gestes, des attitudes, des menaces, des provocations, des outrages à faire frémir le bourgeois qui n'aime pas que le pouvoir pactise avec l'émeute.

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Dans la scèue que nous reproduisons ici, d'après le beau tableau du Salon de 1885, intitulé la Jacquerie, M. Roohegrosse juge à propos de recommencer la petite fête. Ce n'est pas lui qui dira jamais : Non bis in idem! Il fut dur, Jacques Bonhomme, contre les maîtres qui l'avaient si longtemps asservi, et quelques années lui suffirent pour se venger par le meurtre, le pillage et l'incendie, de sept à huit siècles d'oppression.

A ces horreurs, devaut lesquelles se voile l'Histoire indignée, M. Rochegrosse a su donner une forme éminemment dramatique. Rien de plus terrible que cette irruption des Jacques armés de faux, de haches, de piques, de torches et de bâtons dans le hall d'un château, oii la Dame les reçoit, debout, imposante et majestueuse, couvrant de son corps les vieux et les petits qui tremblent.

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